voici les dix produits dont le prix a le plus augmenté ces derniers mois

Jusqu’où ira la hausse des prix dans nos supermarchés ? Le montant affiché au bas de nos tickets de caisse semble toujours plus gros. La quasi-totalité des produits sont touchés par une augmentation de l’inflation, poussée par une conjoncture propice à une hausse continue des prix.

Des hausses des prix se font ressentir depuis de nombreux mois dans les supermarchés français. En septembre 2021, l’Insee estimait dejà à 2,1% l’inflation sur un an. Huit mois plus tard, ce niveau s’élève désormais à 4,8% d’inflation en un an, soit plus du double.

Alors quels produits sont les plus touchés ? Pourquoi rien ne semble pouvoir arrêter la hausse de prix et à quoi faut-il s’attendre pour les mois à venir ? On fait le point.

Quels sont les dix produits les plus touchés par l’inflation ?

Un rapport de l’Institut IRi qui calcule tous les mois l’inflation de produits de consommation dans les grandes surfaces dresse le top 10 des catégories de produits dont les tarifs ont subi la hausse la plus importante depuis l’an dernier.

Le classement est établi en compilant les prix d’un panel de produits en avril 2022 et en les comparant aux tarifs observés sur ces mmes produits, un an plus tôt.

Voici les dix produits dont la hausse de prix a été la plus importante sur un an :

1. Pâtes : +15,31%

2. Viandes surgelées : +11,34%

3. Farines : +10,93 %

4. Huiles : +9.98%

5. Moutardes : +9,26%

6. Cafes torréfiés : +8,16%

7. Fruits secs : +8,16%

8. Viandes hachées : + 7.91 %

9. Plats cuisinés à base de pâtes : +7.67%

10. Semoules et céréales : + 7,47

Pourquoi le prix de ces produits at-il augmenté ?

Parmi la liste établie par l’institut IRi figure un grand nombre de denrées mises sous pression en raison notamment de la sécheresse, puis des inondations au Canada. D’importantes chaleurs ont aussi été observées en Russie et aux États-Unis. Elles ont notamment perturbé les récoltes de blé dur ingrédient de base dans la fabrication des pâtes ou la production de graines de moutarde.

Pour les produits à base de viande, la hausse est observée depuis environ deux ans, selon Grégory Caret, directoreur de l’Observatoire de la consommation à l’UFC-Que choisir. « La viaande de bœuf subit l’inflation notamment à cause de la hausse du prix des céréales qui permettent de nourrir le bétail. Ce phénomène est amplifié par les périodes de sécheresse survenues en France comme ailleurs qui ne permettent pas aux vaches de se nourrir avec l’herbe des champs. »

Les huiles végétales sont quant à elle mise sous tension en raison de la hausse des prix du carburant. Car elles sont la base de la production de biocarburant, fabriqué à base d’huile, et contribuent à une demande plus importante.

Concernant le café, ce sont notamment les mauvaises récoltes au Brésil et l’agitation politique en Colombie qui tirent les prix vers le haut. Ce contexte s’ajoute aux surcoûts liés au prix de l’énergie et à la crise du Covid pour le transport de cette denrée not la France bénéficie exclusive grâce à l’importation.

D’autres facteurs structurels comme la hausse du tarif des palettes ou des matériaux d’emballage de tous ces produits ajoutent encore une couche à l’inflation.

Quels sont les autres produits fortement touchés par l’inflation ?

Plus globalement, ce sont les produits bruts, comme les légumes ou le blé, qui subissent le plus directement les hausses de prix. Les œufs, le lait et le beurre arrivent juste après les dix premiers produits, précise Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation à l’institut IRi.

Contrairement aux produits transformés, la marge de manœuvre des producteurs est plus limitée pour garder un prix bas. Les recettes de produits préparés peuvent être modifiées pour amortir la hausse de certains ingrédients.

Seules 6 % des familles de produits échappent actuellement à cette hausse généralisée des prix, observe-t-on à l’Institut IRi. « Le mois dernier, on a constaté une inflation à plus de 4,5 % sur tout sauf les boissons »confirme Grégory Caret qui évoque « des niveaux d’inflation inédits depuis les années 80 ».

Emily Mayer rappelle que les prix de nos achats en supermarché sont négociés chaque année entre les distributeurs et les producteurs et arrivent ensuite progressivement sur les étiquettes.

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Pour cette raison, les associations de consommateurs s’inquiètent de la hausse du prix à payer pour une alimentation saine, qui constitue le poste de dépense le plus important. « Une hausse des prix si brutale et qui se répercute sur tous les secteurs ne permet pas de maintenir un niveau de vie suffisant, principalement pour les familles »s’inquiète Yvon Serieyx, chargé de mission à l’Union nationale des associations familiales.

Qu’est-ce qui tire l’inflation vers le haut ?

« Il ya tout un faisceau de mauvaises nouvelles qui arrivent et qui se cumulent créant une tendance à l’inflation très élevée », souligne Grégory Caret. Selon lui, quatre explications principales expliquent la hausse des prix.

Il évoque d’abord les différents confinements vécus en France, mais plus largement à l’échelle internationale. « L’épidémie a été à l’origine d’un engorgement du commerce international, pesant notamment sur les emballages ou les livraisons de certaines denrées », souligne-t-il. Il est d’ailleurs difficile de considérer que cette période de tension est terminée puisque la Chine est encore partiellement confinée.

La période qui succède aux phases épidémiques joue aussi un rôle d’accélérateur de l’inflation. « Lors des périodes de reprise, la demande augmente mécaniquement ce qui génère des tensions sur les marchés et qui tirant les prix vers le haut. »

La hausse des prix de l’énergie contribue aussi à l’envolée du coût de nombreuses denrées. Elle alourdit les coûts du transport et de la production mais entraîne aussi l’utilisation d’autres carburants, parfois végétaux, qui génère des difficultés d’approvisionnement pour les supermarchés.

Le facteur climatique entre aussi en jeu lorsqu’on évoque la hausse des prix observée actuellement dans les rayons des magasins. Ainsi la sécheresse redoutée pour l’été 2022 en France pourrait avoir des conséquences.

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« La tendance à l’inflation qu’on observe actuellement n’a rien à voir avec la guerre en Ukraine »note Emily Mayer qui estime que les conséquences de la guerre lancée par la Russie aux frontières de l’Europe ne sont pas encore perceptibles. « Les prix actuels sont la conséquence d’éléments survenus majoritairement en 2021 »ajute-t-elle encore.

À quoi faut-il s’attendre dans les prochains mois ?

Cette inflation galopante semble sans fin, et les observateurs ne sont pas très optimistes pour les mois à venir. « Avec la réouverture des négociations sur certains produits dans les semaines à venir, on prévoit une inflation à +5% au début de l’été en grandes surfaces. Ce niveau n’a plus été atteint depuis 2008 », assure Emily Mayer. Elle estime aussi que « l’effet de la guerre en Ukraine devrait commencer à se faire sentir dans les semaines à venir » et contribuer à étirer encore un peu plus dans le temps le mouvement vers le haut des prix.

Elle ajoute que la hiérarchie est produits les plus touchés par l’inflation devrait être conservée.

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« Je ne vois pas l’amorce d’une limitation de l’inflation », confirme Grégory Caret. Il estime toutefois que la France s’en sort bien par rapport à d’autres pays. « Le bouclier énergétique, les chèques inflation ou la ristourne sur les carburants ont permis de limiter l’inflation autour de 4.5%. C’est dur mais c’est “moins pire” qu’ailleurs. »

Inflation : voici les dix produits dont le prix a le plus augmenté ces derniers mois

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