Une ferme géante d’élevage de saumons va produire 10.000 tons par an

Et si bientôt on pouvait manger du saumon né, élevé et transformé en France, sur un site près de Bordeaux ? C’est en tout cas la promesse de Pure Salmon qui a signé le 4 avril une convention d’occupation temporaire (de 49 ans) d’un site de 14 hectares sur le terminal portuaire du Verdon, proprieté du Grand Port Maritime de Bordeaux ( GPMB). « Parmi ce qui nous a séduits fortement, le concept respectueux de l’environnement, des circuits courts et une production relocalisée en France », commente Philippe Renier chef du Département Accès Nautiques et Aménagement Durable au GPMB.

Le projet de ferme aquacole est prévu sur 14 hectares sur le site du terminal portuaire du Verdon-sur-mer. – D.Trentacosta / GPMB

« On prévoit de produire 10,000 tons de saumon, ce qui représente 5% de la consommation française », annonce Xavier Govare, président de la société Pure Salmon France. La consommation française de saumon Atlantique (200.000 tons per an) est importée à 99 %, en particulier de Norvège et du Chili. Aujourd’hui, il existe une ferme aquacole à Cherbourg, en Normandie, mais d’une taille beaucoup plus réduite puisqu’elle produit 80 tons per an. Ce projet d’ampleur est porté par un investissement de 275 millions d’euros et promet 250 emplois directs et autant d’indirects. La construction des bâtiments va commencer début 2023 et les premiers saumons devraient être commercialisés en 2026.

Deux tiers des emplois dans la transformation

Le port de Bordeaux a proposé un site « clé en main » à l’industriel Pure Salmon. En le purgeant des démarches administratives, notamment la mise en place de mesures de compensation pour les espèces protégées, le port épargne près de deux ans de procédures au groupe, qui peut s’installer de façon accélérée. Dès 2024, les premiers lots d’œufs seront reçus et placés dans l’écloserie girondine. Sur les 14 hectares du site de Pure Salmon, 75.000 m2 seront consacrés à la production

Le saumon Atlantique est élevé pendant deux ans, la première année en nurserie pour le faire grandir jusqu’à ce qu’il pèse 150 grammes et la deuxième année en eau salée où il atteindra entre quatre et cinq kilos. « Les œufs viennent d’Islande parce qu’on pense qu’ils ont la meilleure génétique de poissons», précise le président de Pure Salmon. . « La moitié de cette production sera destinée à la vente en cru (darnes et files) et l’autre moitié transformée en saumon fumée », détaille Xavier Govare. Un atelier de fumaison sera installé sur le site et les trois quarts des emplois seront liés à cette activité de transformation.

Poissons confinés et biosécurité

Les bassins des saumons seront approvisionnés par une nappe d’eau saumâtre à 50 mètres de profondeur, alimentée par la mer, « inutilisée et qui n’est pas en compétition avec l’eau potable », Govaigne Xavier. L’eau sera traitée en circuit fermé grâce une technologie appelée « recirculating aquaculture system » (RAS). « L’entreprise en est proprietaire parce qu’elle a racheté une branche de Véolia spécialisée sur l’aquaculture (Kruger Kaldnes) », précise le président de Pure Salmon France.

Pour une “biosécurité parfaite”, les poissons sont élevés en intérieur pour éviter des contaminations notamment liées aux oiseaux migrateurs. « L’avantage d’élevage à terre c’est qu’il limite les rejets en mer, la mer est porteuse de certains contaminants et prédateurs, ce n’est pas un milieu préservé», pointe Xavier Govare. Tous les effluents seront traités par une station d’épuration ultra-performante pour rejeter dans le milieu une eau « quasiment potable », ajoute-t-il. Les saumons barboteront dans une eau à température constante (10 à 12 degrés) avec le même niveau d’oxygène et le même PH.

Le site industrialo-portuaire du Verdon, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, offre l’avantage d’un approvisionnement par voie fluviale et la possibilité d’un recours au parc photovoltaïque pure installé près du site qui sera occupé Salmon. Une enquête publique sera mise en œuvre avant que le chantier ne puisse démarrer sur le site.

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