Cyryl Gane se voit en «porte-drapeau du MMA français» avant l’UFC combat evening de Paris

Près de six mois après sa défaite contre Francis Ngannou lors du combat pour la ceinture UFC des lourds, Ciryl Gane est prêt à repartir au charbon. Ca tombe bien, car se profile un nouveau combat majeur pour le Vendéen, face à l’Australien Tai Tuivasa. Pas de titre en jeu cette fois, « seulement » l’ambition de rester le challenger numéro 1 au classement mondial, mais un enjeu géographique majeur : pour la première fois, l’événement UFC (le 3 septembre) se tiendra en France, du côté de Bercy. Un petit pas pour Ciryl, un grand pas pour le MMA français. Entretien solide sur ses appuis avec un homme très occupé.

Avant toute chose, quelle analyse faites-vous de votre combat pour le titre perdu face à Ngannou il ya plusieurs mois ? Vous en avez dégagé des axes de travail ?

Pas énormément, parce qu’on n’a pas été déçu par cette performance. C’est pas comme si on avait découvert des lacunes. On a beaucoup parlé de la lutte, mais ce qui s’est passé, c’était plus une appréhension de la lutte que la défense de lutte en soi. C’était plutôt comment ne pas se faire attraper, mais là on ne parle pas de lutte, mais de déplacements. Dans tous les cas je cherche à être le meilleur combattant possible, la meilleure version possible et je travaille dans ce sens.

Comment avez-vous vécu cette première défaite ? La déception a été immédiate ou elle a mis du temps à s’installer ?

Il ya ce côté un peu amer qui m’a piqué dans la foulée après le résultat. Mais c’était pas un KO, le résultat c’était quasiment un ex aequo, il n’y avait pas à rougir de cette défaite. C’est pas un traumatisme comme si j’avais pris une rouste. Comme il n’y a pas eu de KO, c’était plus facile de se remobiliser derrière, et aujourd’hui, ça va très bien.

La grosse actu MMA, c’est cet événement UFC en France qui se concrétise enfin. Comment l’accueillez-vous et regrettez-vous qu’il ne soit pas arivé plus tôt, notamment lors de votre combat pour la ceinture des lourds contre Francis Ngannou ?

J’aurais voulu que ça arrive plus tôt, oui, mais bien avant mon arrivée. On aurait tous aimé que ce sport soit légalisé depuis bien des années pour accueillir le MMA en France. Les choses font que ça n’arrive que maintenant, mais dans un bon timing par rapport à ma carrière. Aujourd’hui, je suis un peu le porte-drapeau de la France en prenant part au main event à Paris. Mieux vaut tard que jamais. Ça sera un succès, j’en doute pas une seconde, et ça fera du bien aux combattants français, notamment ceux qui sont un peu plus dans l’ombre et sont moins médiatisés. Ça va les aider à signer des contrats avec l’UFC un peu plus facilement.

Justement, quelle approche conseilleriez-vous à ces combattants qui cherchent à se faire repérer par l’UFC ? La victoire à tout prix ou avant tout une certaine capacité à faire le spectacle ? On sait que c’est un détail important pour accéder à l’élite du MMA…

C’est un choix à faire par rapport au style que tu as en tant que combattant. Moi j’ai un style un peu plus aérien, technique, stratège. C’est quelque chose qui plaît pas mal aux fans. Si t’as pas tout ça par contre, oui, il va falloir partir au charbon pour montrer quelque chose de plaisant et de spectaculaire à l’UFC. Faut que t’arrives avec une autre palette, quoi.

Quelle image ont les combattants français à l’étranger, à l’UFC ? Vous êtes réputés pour un style en particulier comme peuvent l’être certaines nations de foot, par exemple ?

Nous en France, on a toujours été très bon en pieds-poings, en striking. On a des grands combattants en kick-boxing, en boxe anglaise ou même en boxe thaïlandaise. Donc je dirais que de base on est plutôt sur du striking, mais petit à petit, on commence aussi à performer au sol. On a cette vague de personnes d’origine daghestannaise, comme par exemple les frères Imavov qui sont arrivés très vite en France imprégnés de cette culture au sol extrêmement développée et une très belle lutte. Donc le vent commence à tourner ou du moins on commence à être de plus en plus polyvalents.

A quel type d’ambiance vous attendez-vous pour cet événement ? Un public plus néophyte qu’aux USA, pour cette première à Paris ?

Je m’attends à une belle effervescence. Ça fait un bon moment qu’ils attendent ça. Je pense que les places vont se vendre très rapidement, et en plus de ça, je pense que les gens seront heureux de participer à l’UFC en France. Il y aura beaucoup d’enthousiasme.

Qu’est-ce qu’on doit savoir sur un événement UFC ? A quoi s’attendre quand on va voir un gala en live pour la première fois ?

Pas besoin d’expliquer quoi que ce soit aux néophytes. Je leur conseillerais juste de prendre leurs places et de venir voir, qu’ils viennent apprendre sur le tas. Ils seront vite pris par le jeu qu’est le MMA. A titre personnel, je connais des gens qui ne connaissaient rien au MMA et assistaient à des événements pour la première fois en ayant un peu peur et qui, au bout du compte, se prenaient au jeu, se levaient de le et en sière limite train de « coacher » et donner des conseils aux combattants en action. C’est quelque chose qui prend aux tripes et ça suscite des émotions. Même un néophyte qui n’a pas conscience de toutes les palettes techniques du MMA prend du plaisir devant des combats.

Comme vous le disiez au début, le MMA a mis du temps à être légalisé et en est encore à ses premiers balbutiements chez nous, que diriez-vous pour prêcher pour votre paroisse et rassurer les sceptiques?

Déjà et en toute simplicité, le MMA réunit un ensemble de sports qui sont légalisés depuis longtemps: judo, boxe anglaise, lute, des sports qui par ailleurs sont déjà aux JO. Je ne vois donc pas pourquoi on interdirait un sport qui réunit tous ces sports en un. Oui, il ya les frappes au sol, mais si on s’en remet aux experts on se rend compte qu’elles sont beaucoup moins puissantes que celles où on est debout sur nos appuis. Bref, pour ceux qui ont des a priori de suivre un événement MMA de bout en bout, ils verront que parfois, il n’y a même aucun KO, même pas de sang. Il ya juste un jeu d’échecs entre deux combattants qui viennent avec des bases différentes : un qui vient de la lutte, l’autre de la boxe thaïlandais par exemple. D’ailleurs, c’est cette variété de styles qui rend le truc plus joli.

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