Tennis Canada | Une année consacrée au social alternate

Peu de fédérations à travers le monde ont développé autant de talents que Tennis Canada au cours de la dernière décennie. Modèle à calquer sur le terrain, c’est hors du court que Tennis Canada s’est démarqué, ces derniers mois, grâce à une implication sociale sans précédent.

Publé à 7h00

Nicholas Richard

Nicholas Richard
La Presse

« Girls. Set. Match. », initiative lancée en mai visant à encourager davantage de jeunes filles à s’initier au sport. « La Pause mentale », projet axé autour de la santé mentale et du bien-être des joueurs de tennis au Canada proposé en juillet. « Unmatched », conférence sur l’équité des genres au mois d’août. La venue de Billie Jean King à C2 Montréal en septembre pour s’entretenir avec les gens du milieu des affaires au sujet des changesments à venir et à souhaiter dans le monde du sport.

« Je suis si fière », a expliqué au téléphone Eva Havaris, responsable du program d’équité des genres et vice-présidente des affaires et participation chez Tennis Canada.

Impliquée dans plusieurs projets avec de nombreuses associations sportives depuis le début de sa carrière, Havaris a senti un changement de ton chez Tennis Canada, mais surtout une volonté d’agir. Ultimement, de passer de la parole aux actes.


PHOTO TIRÉE DE LA PAGE LINKEDIN D’EVA HAVARIS

Eva Havaris, responsable du program d’équité des genres et vice-presidente des affaires et participation chez Tennis Canada

Comme athlète, comme entraîneur et comme gestionnaire, j’ai toujours voulu que les femmes prennent plus de place. Alors, voir qu’une organization est sérieuse, qu’elle veut investir la-dedans et engager des gens compétents pour être sûre que ça arrive me rend vraiment très fière.

Eva Havaris, responsable du program d’équité des genres et vice-presidente des affaires et participation chez Tennis Canada

Tout le monde qui a gravité autour du monde du tennis a déjà entendu le vieux dicton : « Le tennis est 80 % mental et 20 % physique. » Toutes proportions gardées, l’idée étant qu’une bonne partie du succès des joueurs passe par un bien-être mental et une bonne gestion du stress et des émotions. Or, les distractions et la expression étant de plus en plus présentes, Tennis Canada voulait avoir le moyen de ses ambitions pour favoriser le développement de ses athlètes dans un milieu sain.

Et il n’y a peut-être pas de meilleur sport que le tennis avec lequel tenter tous ces avancements. « Il ya des gens comme Billie Jean King et Serena Williams qui ont repoussé les limits de notre sport. Au tennis, on a l’avantage de pouvoir construire sur ce qui a été fait avant. Il ya beaucoup de conversations autour du sport féminin. Il ya beaucoup de pression médiatique, donc nous sommes dans une bonne période pour espérer des changesments sociaux », a ajouté Havaris.

De haut en bas

Des changes s’opèrent même au sein de l’organisation, précise Havaris, allors que de plus en plus de femmes occupent des postses de gestion et décisionnels. Même Michael Downey, président et chef de la direction de Tennis Canada, pousse tout le monde à faire un pas dans la bonne direction.


PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Michael Downey, président et chef de la direction de Tennis Canada

Un mot est revenu souvent au cours de l’entretien : changement. Lorsque la remarque a été faite, Havaris a souligné qu’il s’agissait non seulement d’un mot important, mais d’une motivation et d’un but à atteindre: « Ça a tout à voir avec le changement. Je crois que ça implique un changement de mentalité. Je crois fermement que le changement envers l’équité à travers des organisations d’envergure commence au sommet de la pyramide, avec les patrons, les décideurs. Tout le monde nous regarde et se demande pourquoi on se bat, ce qu’on défend, quelles sont nos valeurs. »

Les initiatives de Tennis Canada vont dans le même sens. Plus le message est porté par des têtes influentes, plus il sera écouté. C’est pourquoi la fédération a fait appel à Bianca Andreescu pour les projets « Girls. Set. Match. et «La Pause mentale». C’est aussi pour ça qu’elle a fait appel à la grande Billie Jean King.

Dès le début de “Unmatched”, on avait une vision et on se demandait comment on pourrait utiliser le tennis pour faire progresser la conversation, non seulement pour les gens dans le monde du tennis, mais pour tout le monde. Quand je pensais à la meilleure personne possible pour notre conférence inaugurale et guider l’auditoire, c’était elle.

Eva Havaris, responsable du program d’équité des genres et vice-presidente des affaires et participation chez Tennis Canada

La prochaine mission de Tennis Canada sera de faire rayonner sa vision et de convaincre d’autres fédérations sportives d’emboîter le pas. « On a une belle occasion de créer une identité et on serait fier de partager cette manière de faire avec d’autres sports au Canada. Si on peut aider l’industrie en étant un exemple et montrer comment on procède, ce serait une victoire pour nous. »

Une victoire n’est cependant pas une fin en soi. Chaque victoire demande beaucoup de travail, et c’est souvent la manière d’y arriver qui importe. Comme lorsqu’on veut sincèrement changer les choses.

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