TDAH, un trouble surreprésenté en prison

Les données scientifiques sur la prévalence en prison des troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) donnent le vertige : une méta-analyse internationale de 2015 assurait qu’un base quart des détenus en port dera en sera entretiens cliniques diagnostiques – une proportion dix fois plus élevée que dans la population générale adulte. D’après une autre méta-analyse de 2015, qui agrégeait neuf études portant sur plus de 15 000 individus, « les personnes atteintes de TDAH dans l’enfance courent un risque deux à trois fois plus élevé d’être arrêtées, condamnées ou incarcérées à l’âge adulte »notamment pour des vols, des agressions ou des délits liés à la possession d’armes ou de stupéfiants.

Trouble du neurodéveloppement encore méconnu, le TDAH se définit par des symptômes cliniques tels que l’hyperactivité physique ou mentale, un défaut d’attention et une forte impulsivité – l’intensité person varies selon les Violences, addictions, mauvaise gestion des émotions et difficultés à conserver un emploi stable peuvent conduire de nombreux jeunes et adultes porteurs d’un TDAH à basculer dans la précarité et la délinquance.

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Anthony (le prénom a été modifié) a été incarcéré pour quatorze mois à la maison d’arrêt de Tours pour avoir conduit sans permis. Diagnostiqué avec un TDAH trois mois après son arrivée, l’homme de 31 ans reconnaît « ne pas avoir réfléchi aux conséquences » de son act. C’est sa quatrième condamnation, les précédentes, pour des affaires de vols et de recels, lui avaient valu des peines fermes accompagnées de sursis. « Anthony a mis du temps à accepter son TDAH, explique le docteur jérôme Bachellier, psychiatre au sein de l’unité sanitaire en milieu pénitentiaire (USMP) de la maison d’arrêt de Tours. Son impulsivité n’était pas un problème à ses yeux et représentait même une force. Il ne faisait pas le lien avec ses passages à l’acte délictueux. C’est pourtant un facteur-clé chez les detenus. »

Le diagnostic peut représenter un soulagement et les consultations une source de réconfort chez les personnes incarcérées. « Ça fait du bien de savoir pourquoi je pète les plombs parfois, et de poser un nom dessus »assure Erwan (le prénom a été modifié), 41 ans, condamné pour la quatrième fois pour des faits de harcèlement moral et diagnostiqué à son arrivée. « Je me suis livré au docteur Bachellier comme à personne d’autreconfie, de son côté, Anthony. Il est calme, gentil. » Après un silence, Anthony poursuit : « Il me comprend, m’explique comment je fonctionne, me conseille. »

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