Sanctions : handicapée par les pénuries, la Russie autorise la fabrication de voitures sans ABS ni airbags – 17/05/2022 à 13:13

À la suite de l’offensive russe en Ukraine, les pays occidentaux ont notamment interdit les exportations de pièces détachées vers la Russie.


( AFP / ALEXANDER NEMENOV )

Son industrie automobile handicapée par les pénuries provoquées par les sanctions économiques, la Russie a allégé les normes de fabrication de véhicules sur son territoire, autorisant la production de voitures sans ABS ou airbags.

Dans un décret promulgué le 12 mai dernier, le gouvernement russe a établi une liste des normes allégées pour pouvoir certifier les nouveaux véhicules produits dans le pays. Parmi ces nouvelles normes,

le gouvernement autorise les fabricants à ne pas équiper les véhicules de capteurs ABS ou d’airbags, ou encore de pré-tendeurs de ceintures de sécurité

. Le décret est en vigueur jusqu’au 1er février 2023.

La Russie, selon ce même décret, réduit aussi considérablement les normes environnementales, selon le quotidien Kommersant dans son édition de mardi. Le journal relève que celles-ci reviennent à un niveau équivalent aux véhicules produits en 1988.

Guerre economique

À la suite de l’offensive russe en Ukraine, les pays occidentaux ont imposé de lordes sanctions au secteur automobile russe,

bannissant notamment les exportations de pièces détachées vers la Russie.

De nombreux producteurs ont annoncé en outre l’arrêt de la vente de composants ou de voitures à la Russie, à l’instar d’Audi, Honda, Jaguar ou Porsche.

En mai, la Russie a publié une liste d’une centaine de catégories de marchandises dont

l’importation sans l’accord des détenteurs de la proprieté intellectuelle est autorisée

afin de contourner les restrictions. Parmi ces produits, on trouve notamment les grandes marques automobiles et les pièces détachées.

Vladimir Poutine répète à l’envi que l’Occident a déclenché une guerre économique contre son pays mais que la Russie a résisté aux sanctions, et qu’elle a désormais la chance de développer ses propres productions nationales.

Le PIB russe, selon les estimations internationales, devrait néanmoins perdre au moins 10% cette année. Mais la Russie peut toujours compter sur les mannes pétrolière et gazière qui ont permis aux caisses de l’État de se remplir et au rouble de résister aux sanctions.

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