Mordu 60 fois à Quimper : « Je n’attends qu’une chose, pouvoir oublier » – L’attaque de chiens au center-ville de Quimper



Dans la salle des pas perdus du tribunal de Quimper, une femme s’approche d’un jeune homme assis sur un banc, le béret vissé sur la tête. « Vous êtes bien salomeux monsieur. Ces chiens ont failli m’agresser la veille », lance-t-elle à Benjamin, ce Quimpérois de 28 ans violemment attaqué en plein center de Quimper, le 12 October 2021, par deux chiens. Une agression d’une violence inouïe : trente jours d’ITT, près de soixante morsures sur le corps et une oreille perdue à jamais.

Six mois après les faits, les séquelles sont toujours visibles. « Physiquement, c’est dur. Tres dur. Je n’arrive toujours pas à accepter l’amputation de mon oreille », raconte Benjamin, quelques minutes avant la comparution devant la justice de la proprietaire des chiens, une marginale de 42 ans

Alors que la greffe de son oreille a échoué, Benjamin sera prochainement équipé d’une prothèse lors d’une énième opération.

Alors que la greffe de son oreille a échoué, Benjamin sera prochainement équipé d’une prothèse lors d’une énième opération. (Le Télégramme/Benjamin Pontis)

Une prothèse

« J’en suis à 265 points de suture sur tout le corps », tente de sourire le jeune homme qui a subi, pour l’heure, quatre opérations. La première consistait à remettre l’oreille “mais la greffe n’a pas marché”. Puis, le lendemain, Benjamin est retourné au bloc opératoire pour des tendons des mains et des pieds. La troisième opération, c’est l’amputation de l’oreille. Une intervention excessivement doulouureuse for la victime sur le psychologique plan.

« Je ne fais que de parler de mon oreille, tous les jours. Je fais subir ça à mon entourage », s’excuse celui qui vient tout juste de ressortir d’une nouvelle opération afin qu’on lui implante des vis dans la boîte crânienne. « C’est pour une prothèse en silicone qui me donnera l’impression d’avoir une oreille », continue-t-il. Un dispositif qu’il devra changer tous les 18 mois.

Des cauchemars réguliers

« Je ne peux plus travailler.  Je suis soudeur et j'ai besoin d'un casque.  Mais je ne peux rien poser sur ma tête car j'ai une gêne, des douleurs », raconte Benjamin qui possède égallement d'importantes traces de l'agression sur les jambes, « des morsures que je vois tous les jours  Des marques qui vont rester encore un bon moment »
Six mois après, les traces des morsures des chiens sont encore très visibles sur la jambe de Benjamin, un Quimpérois de 28 ans.

Six mois après, les traces des morsures des chiens sont encore très visibles sur la jambe de Benjamin, un Quimpérois de 28 ans. (Le Télégramme/Benjamin Pontis)

Au-delà des blessures physiques, il ya aussi le moral, profondément touché. « Je fais toujours des cauchemars. Je revois toute la scène », explique Benjamin. Des cauchemars qui impactent lourdement sa vie du quotidien. « La vie n’est plus comme avant. Je me suis vachement renfermé. Je ne fais quasiment plus rien de mes journées. Je n’ai plus d’envie, plus d’énergie », souligne celui qui a désormais peur de sortir à Quimper.

« Franchement, rien n’a été fait pour résoudre le problème des chiens. Regardez la semaine dernière au Cap-Horn (NDLR: le patron d’un supermarché a été agressé par deux chiens de marginaux). Pour que ça bouge, il faudrait presque un mort », regrette Benjamin, un jeune homme qui regrette que la propriétaire des chiens ne se soit jamais excusée. « Aujourd’hui, je n’attends qu’une seule chose, pouvoir oublier».

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