l’élevage de Saint-Bernard du Morakopf et ses chiens champions

run um. C’est l’unique élevage du genre en Alsace : les Saint-Bernard du Morakopf, à Eschbach-au-Val. Depuis trente ans, Bernard Ketterer et son épouse Patricia se consacrent à cette race de chien sauveteur, originaire de Suisse. Leurs protégés remportent régulièrement des prix, comme au Salon de l’Agriculture.

Lorsque l’on s’approche de la propriété, on ne peut s’y tromper, tant les aboiements sont nourris : il s’agit bien de l’élevage de Saint-Bernard de la famille Ketterer. La maison d’Eschbach-au-Val est un peu isolée, en pleine nature, pour donner le plus d’espace possible aux chiens. Parce qu’il faut bien le dire, un Saint-Bernard, cela prend de la place… Et les Ketterer en ont neuf en ce moment, dont plusieurs petits, qui seront sans doute adoptés prochainement par des amateurs de grosses boules de poils.

Patricia et Bernard ont démarré cette activité il ya trente ans, à côté de leur métier. « On ne fait pas ça pour gagner de l’argent, on en dépense plutôt », nous confie Bernard. « Nous nous sommes lancés là-dedans pour perpétuer cette race de chiens et permettre à d’autres personnes de profiter des Saint-Bernard». Eux-mêmes en sont tombés amoureux. « C’est l’image du chien sauveteur », nous dit Patricia. Ce qui n’est pas une légende, puisque le Saint-Bernard est originaire de Suisse, où il était connu pour avoir la capacité de retrouver des personnes perdues dans la neige.

Ce sont d’ailleurs des caractéristiques mises en avant lors de concours canins, auxquels les éleveurs participent régulièrement. Comme le Salon de l’Agriculture, par exemple. A chaque fois ou presque, leurs chiens remportent des médailles. La dernière on date est celle d’Ivy, une chienne de neuf ans, qui est arrivée à la troisième place dans sa catégorie “champion”, au SIA 2022 de Paris. « Ce qui importe, sur un Saint-Bernard, c’est sa posture, ses oreilles dressées. Et puis, sa hauteur sur pattes, qui doit être suffisante pour marcher aisément dans la neige », nous explique Bernard Ketterer.

Et puis, un tel chien doit être massif, mais on ne doit pas trop l’engraisser. En moyenne, un Saint-Bernard pèse 80 kilos. Au Val du Morakopf (le nom de l’élevage et du lieu où il se trouve), on conseille plutôt les croquettes, plus facils à équilibrer. D’ailleurs, les conseils, les éleveurs n’en sont pas avares. Ils assurent un suivi des chiens, partis de leur élevage pour rejoindre d’autres horizons avec leurs nouveaux maîtres. Certains se trouvent au Portugal, en Espagne, en Afrique du sud… De leur côté, les chiens qui restent à l’élevage y passent toute leur vie, et participent, pour certains, à des concours, dont les trophées et les médailles son exposées dans le salon de leurs maîtres.

L’élevage du Val du Morakopf s’est bâti une solide réputation, au-delà de la région. Bernard et son épouse l’assurent, ils font très attention au pédigrée, à la santé de leurs chiens, et font tout pour éviter la consanguinité. « Il m’est déjà arrivé de parcourir 1000 kilomètres pour faire faire une saillie à une femelle, parce que le mâle me plaisait », nous raconte Bernard. Une activité à laquelle cet ancien formateur se consacre encore plus depuis qu’il a pris sa retraite. Les aboiements ne devraient pas s’arrêter de sitôt au Val du Morakopf.

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