le virus manipule le moustique « Aedes » et les humains pour se répandre

Les mustiques Aedes terrorisent une grande partie de la planète. Leurs piqûres entretiennent à travers le monde des épidémies aussi redoutables que cells de la fièvre jaune, la dengue, Zika ou encore de chikungunya. En s’attaquant successivement à une personne déjà infectée puis à une personne saine, ils – ou plutôt elles puisque seules les femelles piquent – ​​constituent les uniques vecteurs de ces maladies.

Avec plusieurs dizaines de milliers de morts à son actif chaque année, et des millions de malades, le genre Aedes et ses diverses especes (aegypti albopictus…) figurent sur le podium des pires tueurs répertoriés, derrière les anophèles, moustiques vecteurs du paludisme.

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Pourtant, l’Aedes aurait de quoi plaider non coupable. En janvier 2022, une équipe de l’Institut pour la recherche et le développement (IRD, Mivegec) de Montpellier, conduite par Julien Pompon, montrait qu’une fois infecté par le virus de la dengue, l’animal perdait une partie de la rayon. Il multiplie les attaques, pique et repique les mimes hôtes, augmentant d’autant le risque de transmission du pathogène. Abolition ou du moins atténuation du discernement, pourrait avancer la défense.

L’odeur corporelle modifiée

Un article publié le 30 juin dans la revue Cell va offrir à ses avocats un nouvel argument: la manipulation. Une équipe chinoise vient de démontrer que les flavivirus (responsables de la dengue et de Zika), quand ils infectent un humain ou une souris, en modifient l’odeur corporelle et les rendent irrésistibles pour les insectes. Pas d’assassinat, donc, tout juste un crime passionnel.

Pour le démontrer, les scientifiques chinois ont d’abord proposé à différentes espèces d’Aedes de choisir entre une souris infectée et une souris saine. Sans hésitation, toutes ont opté pour les rongeurs malades, de la dengue comme de Zika. Le même résultat a été observé avec des buvards imprégnés de sueur humaine.

L’équipe chinoise a constaté que chez les souris malades, les peptides sont plus rares et les bactéries prospèrent

Les chercheurs ont ensuite tenté d’en comprendre l’origine. Ils ont donc comparé les composés volatiles présents sur les deux types de peau, infectée ou non. Plusieurs molécules se sont révélées surabondantes sur les épidermes atteints. Toutes ont alors été présentées aux moustiques. A écouter les chercheurs, l’une d’elles les a littéralement « affolés ».

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Elue malgré elle, l’acétophénone est produite par des bactéries présentes sur la peau. Sur les épidermes sains, les bacilles sont combattus par des peptides antimicrobiens nommés RELMα. L’équipe chinoise a constaté que chez les souris malades, les peptides sont plus rares et les bactéries prospèrent. « En réprimant les RELMα, le virus permet la prolifération des bactéries, donc de l’acétophénone qui va attirer les moustiques »résume le professeur Dong Cheng, de l’école de médecine de Tsinghua, qui a coordonné la recherche.

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