le plan en trois paliers du gouvernement pour se préparer au risque de pénuries cet hiver

Verra-t-on, cet hiver, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la transition énergétique, faire un point régulièrement à la télévision, comme son homologue à la santé l’avait fait pendant la pandémie de Covid-19 ? L’idée, soufflée par certains experts de l’énergie qui plaident pour une sensibilisation du grand public, pourrait faire son chemin. « C’est une piste parmi d’autres »souligne-t-on dans l’entourage de la ministre, qui ne veut cependant pas affoler les foules avant la rentrée.

« Les difficultés seront plus ou moins aiguës selon trois paramètres », énumère-t-on au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, qui prépare activement sa stratégie pour éviter tout black-out cet hiver après le quasi-arrêt des livraisons de gaz russe. Tout d’abord, la météo. Quel temps fera-t-il ? Si la saison se révèle très froide et longue, les besoins en énergie, surtout pour se chauffer, ne seront bien évidemment pas du même ordre.

Ensuite, quel sera l’état de notre approvisionnement en gaz ? Au-delà des stocks, qui atteignent désormais les 80% – et qui représentent un quart environ de la consommation hexagonale –, l’arrivage par les pipelines va-t-il tenir ? Sachant que ces tuyaux, notamment en provenance de Norvège, le plus gros fournisseur, ne sont pas à l’abri de problèmes techniques. Enfin, quelle sera la disponibilité du parc nucléaire ? Là encore, l’incertitude domine. EDF aura-t-il la capacité de tenir sa trajectoire de travaux afin de relancer certains de ses réacteurs à l’arrêt?

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« En cas de pointe hivernale, les difficultés surgiraient en même temps dans le gaz et dans l’électricité, souligne-t-on au cabinet de la ministre. D’où l’importance de disposer en septembre de scénarios d’anticipation de situation dégradée couplant les deux énergies. Cela nous permettra de déterminer les points critiques et les meilleurs arbitrages à prendre. »

Mesures d’effacement

Dans ce contexte, le plan concocté par le gouvernement s’annonce graduel, comprenant plusieurs points d’étape selon l’urgence de la situation. Avec, dans un premier temps, des mesures axées sur la sobriété et le retrait volontaire des acteurs économiques du réseau en échange de rémunération, puis – en cas de “vigilance orange”, et même en tout limit – dernier actions de ressort la consommation de gaz, et enfin des coupures pouvant à la fois porter sur le gaz et sur l’électricité.

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« Ce plan vise à éviter autant que possible des mesures coercitives, de type rationnement et bien sûr de délestage », se défend-on cependant au sein du ministère. A cette fin, le plan de sobriété, dont la portée laisse l’opposition très sceptique, table sur une baisse de 10% de la consommation d’ici à deux ans. Dans ce cadre, plusieurs groupes de travail ont été constitués autour de l’entreprise, et de l’organisation du travail des grandes surfaces, des administrations, du numérique et, surtout, du logement, afin d’identifier la feuille de route à suivre en vue d’atteindre des objectifs de baisse imminents et à plus long term.

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