Allégations d’agression sexuelle en 2018 | Hockey Canada est un « bouc émissaire », estime l. a. présidente de son CA

Hockey Canada est un « bouc émissaire ». Les appels à la démission de ses dirigeants sont basés sur de la « désinformation ». Les médias n’ont pas décrit « fidèlement » les mécanismes de fonctionnement de l’organisme. Personne n’a agi de manière “inappropriée” et la fédération nationale a besoin de “stabilité” à sa tête si elle veut implanter des changes durables dans sa culture et dans celle du hockey.

Publication à 15h08

Simon-Olivier Lorange

Simon-Olivier Lorange
La Presse

La présidente intérimaire du conseil d’administration de Hockey Canada, Andrea Skinner, a sèchement rejeté les critiques qui pèsent sur les membres du Conseil ainsi que sur la haute direction de l’organisme. Avec son prédécesseur Michael Brind’Amour, qui a démissionné de son poste de président du CA au mois d’août dernier, Mme Skinner a comparu pendant deux heures devant le comité du Patrimoine canadien, à Ottawa.

Les parlementaires des quatre principaux partis représentés aux Communes l’ont criblée de questions concernant notamment l’entêtement du CA à garder en place le président et directeur général Scott Smith, alors que même le premier à ministre app a Justin Trudeau son. Mme Skinner accorde pourtant un « A » au PDG.

Le printemps dernier, Hockey Canada a prestement conclu une entente hors cour avec une jeune femme qui maintient avoir été violée par huit hockeyeurs d’âge junior en juin 2018. La victime alléguée millions avait intenté.

Depuis que l’affaire a été rendue publique, une série de nouvelles révélations, rendues possibles en grande partie par le travail des médias, a choqué le public et la classe politique. On a notamment appris l’existence de deux fonds destinés, sans s’y consacrer exclusivement, à dédommager des victimes d’agression sexuelle. Depuis 1989, des règlements ont été conclus avec 22 personnes.

La fédération s’était satisfaite d’un rapport incomplet produit par une firme chargée de mener une enquête sur l’agression alléguée. Hockey Canada a diffusé de fausses informations au public sur la victime alléguée, arguant notamment qu’elle n’avait jamais collaboré avec la police, ce qu’elle a pourtant fait. Au cours des dernières semaines, Hockey Canada a en outre fait circuler chez les parents de joueurs un sondage leur demandant s’ils jugeaient « exagérées » les critiques exprimées dans les médias.

L’organisme souhaite « changer le narratif » autour de ce scandale, affirme-t-on dans un procès-verbal d’une récente réunion du CA selon le député néo-démocrate Peter Julian. « Les ententes hors cour doivent être perçues positivement », ajouterait-on dans ce document. Hockey Canada a d’ailleurs embauché la firme de relations publiques Navigator pour l’aider à gérer la crise qu’il traverse depuis des mois.


PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Andrea Skinner, présidente intérimaire du conseil d’administration de Hockey Canada

De tout ceci, Andrea Skinner retient que Hockey Canada a toujours agi dans l’intérêt de la victime alléguée, et que la version des faits diffusée dans les médias est inexacte.

À propos des appels quasi unanimes à la démission de Scott Smith, elle rétorque que « notre CA ne partage pas [ce] point de vue […] qui est basé sur ce que l’on considère comme de la désinformation ».

Elle s’est également navrée de la description qu’a faite le Globe and Mail, plus tôt cette semaine, du « Fonds en fiducie pour l’héritage des participants». Citant des documents de cour, le quotidien torontois a expliqué que ce fonds a été créé pour traiter les réclamations non couvertes par l’assureur de l’organisme découlant d’évènements survenus de 1986 à 1995 — ce in clure poyvait restreindre, des cas de violence sexuelle. Le fonds devait être dissous en 2020, mais Hockey Canada a cherché à le renouveler jusqu’en 2039.

« Je crois que ce qui a été rapporté dans les médias ne refflète pas fidèlement la situation », a déploré Mme Skinner, qui a plus d’une fois mentionné qu’à sa connaissance, ce fonds n’avait pas servi à dédommager des victimes d’agression sexuelle — ce que n’avançait pas le Globepar ailleurs.

« Hockey Canada adopte les manières de [Donald Trump] en accusant la presse », s’est indigné le libéral Anthony Housefather.

Ce dernier, dans un échange serré avec Mme Skinner, s’est égallement surpris que les administrateurs aient approuvé le règlement hors cour du printemps dernier sans connaître l’identité des agresseurs allégués et sans avoir en main une reconstitution exacte des avilles de avilles 2018. la réunion au cours de laquelle le CA a donné le feu vert à cette entente estimée à quelques millions de dollars.

« Comme avocate, est-ce que c’est quelque chose que vous suggéreriez à un client ? », lui a demandé M. Housefather, qui est aussi juriste de formation.

Tous derrière Smith


PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Scott Smith

Tous les parlementaires ont tenté de savoir pourquoi le CA s’entêtait à garder en place Scott Smith à la tête de Hockey Canada. Au cours de deux audiences devant le comité du Patrimoine, M. Smith a lui-même réitéré qu’il croyait être l’homme de la situation pour changer la « culture » au sein de l’organisation et du hockey canadien. De l’avis de bien des observateurs, sa performance devant les Communes n’avait pas été très convaincante.

« Hockey Canada est-il plus intéressé à garder stability ou à créer changement culturel ? », s’est demandé la conservatrice Rachael Thomas.

Andrea Skinner a répondu que les neuf membres du CA devaient être réélus au courant des prochaines semaines et que de « détruire » Hockey Canada avec un ménage complet de ses administrateurs et ionnairessur aurait « impact les » fill gar iné vit au hockey au Canada ».

À ses yeux, M. Smith et la haute direction n’ont jamais agi de manière “inappropriée”, et le PDG demeure la meilleure personne pourer le “Plan d’action pour améliorer le hockey au Canada” dévoilé pendant l’été. Cette initiative, critiquée dès son lancement, crée déjà toutes sortes de maux de tête au sein des fédérations provinciales, qui réclament des directives claires.

Les députés se sont échinés à demander à Michael Brind’Amour si, oui ou non, il avait confiance en M. Smith. L’avocat québécois était encore à la tête du CA lorsqu’un vote de confiance “consensuel” a été formulé envers le PDG.

La présidente du comité du Patrimoine, Hedy Fry, a même dû sommer M. Brind’Amour de répondre à la question, qu’il a plusieurs fois esquivée.

« Oui », at-il finalement soufflé. « Je crois que M. Smith a les qualités requises pour faire un travail positif pour l’organisation, at-il ajouté. Il est rassembleur et sait s’entourer de personnes complémentaires à lui. C’est un travailleur. »

Andrea Skinner a essentiellement tenu les mmes propos, ajoutant que M. Smith était « pleinement engagé » envers le plan stratégique de Hockey Canada. Le garder en place n’empêche pas la mise en place de « changes significatifs », at-elle poursuivi.

« Si vous étiez enseignante, quelle note donneriez-vous à Scott Smith ? », a lancé Anthony Housefather à Mme Skinner.

« Je suis une évaluatrice sévère, mais je crois que les circonstances dans lesquelles M. Smith a travaillé sont extraordinaires et difficiles, at-elle répondu. Je dirais qu’il s’est conduit comme un A dans les circonstances. »

Dans son allocution de conclusion, le bloquiste Sébastien Lemire y est allé d’une charge à fond de train dirigée vers Mme Skinner et Hockey Canada.

« Je sens que vous êtes déconnectés de la population, at-il estimé. Vous vous convainquez entre vous que vous avez bien agi. Le CA, normalement, a la responsabilité d’être un chien de garde [pour le public]. Là, vous agissez comme le bras exécutif et vous perpétuez une culture toxique. Vous accusez les médias et les politiciens de mal comprendre votre message. Mais nous, nous restons à l’affût des prochaines révélations. »

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