Le tacle du lundi – L. a. Ligue 1, los angeles risée de l’Europe


« L’ambition dont on n’a pas les talents est un crime. » Les supporteurs marseillais n’avaient sans doute pas lu l’avertissement de Chateaubriand. Farauds, ils ont chambré mardi le continent européen entier au travers d’une banderole osée : « L’Europe va trembler, revoilà les Marseillais. » L’Europe a en effet tremblé, mais moins que les Marseillais. Défaits 1-0 à domicile face à une faiblarde équipe de l’Eintracht Francfort, les Olympiens ont enchaîné une deuxième défaite dans cette campagne de Ligue des champions et hypothéqué leurs chances de qualification. Le public du Vélodrome – pourtant admirable – aurait dû, surtout, se souvenir que l’OM n’a remporté qu’un match de Ligue des champions en dix ans (contre l’Olympiakos en 2020).

Cette défaite de l’OM n’est qu’une goutte d’eau dans un océan bien terne. Cette semaine, les clubs français ont encore brillé : six matchs, une victoire. Monaco a sombré à domicile contre un club hongrois (Ferencvaros, on vous laisse “googliser”) après une première mi-temps d’une rare médiocrité ; Nantes a pris une leçon par un club azerbaïdjanais (3-0) ; Nice a fait match nul contre le Partizan de Belgrade tout comme Rennes, incapable de tenir son avantage de deux buts contre Fenerbace. Seule éclaircie : la victoire du PSG contre le Maccabi Haïfa. Sauf que là aussi, le bât blesse : suffisants pendant les trois quarts de la rencontre, les Parisiens ont été dominés et se sont fait peur avant de l’emporter (3-1) grâce à Mbappé et Messie. Bref, le football français et sa fameuse Ligue des talents (celle qui vaut un milliard d’euros, rappelons-le) ont encore montré à la fois leur carence, leur arrogance et leur mépris des coupes d’Europe.

Pente glissante

Derrière la locomotive Parisienne – qui peine cependant à passer le printemps –, les clubs français affichent depuis dix ans des statistiques faméliques : une finale de Ligue des champions (le PSG lors du « final eight »), une finale de Ligue Europa (l’ OM) et… c’est tout. Chaque année, c’est le même cirque: les équipes se battent pour la qualification rêvant de jouer trois matches par semaine puis quand ces trois matches arrivent, c’est la catastrophe. Une contre-performance ? Les cadences sont infernales. Une defaite à l’extérieur contre un obscur club de l’Est ? Le trajet était interminable avec des heures d’avion. Une equipe B alignee ? Il y avait un match de Ligue 1 important à préparer. On ne badine pas avec l’humour. Sauf que d’un point de vue, palmarès, on pleure davantage qu’on ne rit (à moins de se moquer): la France, qui se revendique comme un ponte du football européen avec ses deux Coupes du monde, ne compte que deux trophies. Incompetence ? Manque de sérieux ? Vraie limite technique et tactique ? Vous avez jusqu’au 4 octobre, date de la prochaine semaine européenne.

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Les instances du football français n’arrivent pas à renverser la tendance malgré des investissements (étrangers) toujours plus importants. Et l’indice UEFA dégringole. La menace portugaise et hollandaise se rapproche. Or garder la cinquième place du classement s’avère plus que nécessaire pour obtenir quatre clubs qualifiés pour la reine des compétitions dont la nouvelle formule aura lieu en 2024-2025. Glisser dans le classement s’avère être un risque de sous-représentation du football français sur le continent. Ce serait dommage: l’Europe devrait s’arrêter de trembler.


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