En Nouvelle-Zélande, faut-il tuer les chats pour sauver les oiseaux ?

Selon le site d’information sis à Wellington Stuff, la Nouvelle-Zélande compterait 1,2 million de chats de compagnie et 41 % des ménages en accueilleraient au moins un au sein de leur foyer, soit l’un des taux les plus élevés au monde. À ces animaux domestiques s’ajoutent par ailleurs des millions de chats sauvages, pour la plupart non stérilisés. Mais leur présence en nombre sur l’archipel aurait un impact désastreux sur les populations d’oiseaux, à commencer par le kiwi, symbole du pays.

Relayant les estimations du groupe de défense de l’environnement Forest and Bird, le quotidien britannique The Guardian rappelle que les chats seraient responsables de la mort de 1,12 million d’oiseaux chaque année. Dans certains cas graves, les félidés mettent meme certaines espèces sur le chemin de l’extinction.

Interrogée par la radio publique néo-zélandaise RNZ, la représentante d’un groupe de protection évoque par exemple le cas des nestors kéa, “une espèce de perroquets autrefois très présente dans le parc national des lacs Nelson” qui a été “décimée à près de 80% en l’espace de dix ans”. Leurs nids seraient envahis par les rats, les opossums et… les chats sauvages.

Empoisonnement des predateurs

En 2016, une législation néo-zélandaise pour l’éradication des espèces invasives avait fait grand bruit. Le projet prévoyait de débarrasser l’île de tous ses mammifères “predators” d’ici à 2050 par empoisonnement aux pesticides afin de protéger les espèces d’oiseaux indigènes. Rats, souris, hermines, furets, belettes et autres opossums figuraient parmi les espèces ciblées, “mais comme les chats sont très aimés, leur éradication est devenue un sujet tabou. C’est une question tellement sensible que les chats ont été laissés à l’écart de la liste des espèces nuisibles dans le cadre du projet d’élimination des prédateurs”, explique RNZ.

Le diffuseur public néo-zélandais suggère que certains groups de conservation des animaux seraient réticents à prendre position pour l’éradication, invoquant le bien-être animal, mais également par peur de réactions violentes de la part des “amoureux des chats”. Ils estiment pourtant que l’animal constitue “l’une des pires menaces écologiques de Nouvelle-Zélande” et qu’il faudrait réguler sa population. “Mais le point de vue des Néo-Zélandais est en train d’évoluer. Les organismes chargés de réguler les populations de nuisibles et de piéger les opossums, les hermines, les furets et les rats commencent à admettre que les chats sauvages et abandonnés sapent une bonne partie de leur travail.”

Au problème de l’éradication des chats sauvages s’ajoute celui de la législation sur les chats domestiques. Stuff affirme que la SPCA, une fondation pour la protection des animaux, milite désormais pour une uniformisation nationale des règles encadrant leur stérilisation.

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