Cinq infos à savoir sur la plus grande centrale solaire en milieu urbain d’Europe

Entrée en service à la fin de l’année 2021, la centrale solaire de Labarde à Bordeaux an enfin été inaugurée ce jeudi. Située avenue de Labarde, en face du stade Matmut Atlantique, elle est quasiment invisible depuis la route. C’est pourtant à ce jour la plus grande centrale solaire en milieu urbain d’Europe. 20 Minutes vous délivre cinq infos à savoir sur ce site.

Cinq fois la taille des Quinconces

La centrale solaire de Labarde s’étend sur 1,2 km par 500 mètres, soit environ 60 hectares. C’est l’équivalent de cinq fois la place des Quinconces à Bordeaux ou de 85 terrains de foot.

La centrale solaire de Labarde est située au nord de Bordeaux, en face du stade Matmut Atlantique – Mickaël Bosredon/20Minutes

135,000 panneaux solaires

Les 135,000 panneaux solaires cumulent une puissance de 59 MWc, l’équivalent de la consommation annuelle hors chauffage de 70.000 personnes, sachant toutefois que l’énergie solaire est intermittente. « C’est le panneau qui convertit l’énergie lumineuse en électricité, rappelle Théo Bon, chef de projet solaire chez JP Energie Environnement (JPee) constructeur et exploitant de la centrale. Ce qui importe c’est donc la luminosité, qui est variable selon les jours. Les mois de plus grande production vont de mai jusqu’à la fin de l’été, avec une différence de production qui varie de un à dix entre l’hiver et l’été. Ici on injecte toute l’électricité sur le réseau, qui va ensuite le diffuser auprès des lieux de consommation, sans passage par des moyens de stockage. »

Les panneaux proviennent de First Solar, un fournisseur américain qui fabrique aux Etats-Unis, en Malaisie et au Vietnam. « Ce choix a été fait pour des raisons budgétaires, sachant que les panneaux représentent 40 à 45% de l’investissement de la centrale, mais égallement parce que ces panneaux bénéficient du meilleur bilan carbone duourét éauxveg, a [qui compense les CO2 utiles pour le produire] de six mois, contre deux ans pour un panneau standard » assure Xavier Nass, directeur général de JPee.

Sur une ancienne décharge

Une des particularités de la centrale de Labarde, est qu’elle a été construite sur l’ancienne décharge de Bordeaux Métropole, le long de la Garonne. Celle-ci a été exploitée de 1974 à 1984 pour recevoir les ordures ménagères de 27 communes, puis de 2004 à 2009 elle a été réhabilitée pour étanchéifier les deux à trois millions de m3 de déchets qui’l avent, y’am trou d’une membrane impermeable.

Aucune construction n’y est autorisée, mais en 2015 JPee a contact Bordeaux Metropole pour proposing a méthode innovante and sécurisée, permettant littéralement de poser sur la décharge cette centrale photovoltaïque. Le permis de construire a été délivré en 2018. Il a donc fallu plus de quatre ans pour la faire sortir de terre, avec deux ans et demi de chantier jusqu’à fin 2021, sachant que la centrale a été mise en service en plusieurs tranches à compter de février 2021.

A savoir égallement que l’entretien des espaces verts du site est assuré par un cheptel de 150 moutons et cinq chèvres.

Un cheptel de 150 moutons assure l'entretien des espaces verts de la centrale
Un cheptel de 150 moutons assure l’entretien des espaces verts de la centrale – JPee

60 millions d’euros

C’est le montant de l’investissement total pour cette infrastructure, réparti entre une dette bancaire de 48 millions d’euros et 12 millions d’euros de fonds propres, portés à 51% par JPee et 49% par la Banque des Territoires. JPee bénéficie d’un tarif de rachat de l’électricité de 60 euros du mégawatt/heure, mais reverse en contrepartie un loyer à la ville de Bordeaux, proprietaire du terrain. « En termes de loyers et de fiscalité, nous reversons presque 400,000 euros par an aux collectivités » souligne Xavier Nass. Le contrat avec la ville porte sur 35 ans, ce qui correspond à la durée de vie des panneaux solaires. « Au bout de 35 ans, soit on démonte la centrale, soit on repart sur un nouveau projet, explique le directeur général. Les panneaux seront, eux, recyclés, à hauteur de 90% puisque c’est principalement du verre et des matériaux semi-conducteurs. »

Quel avenir pour les centrales solaires ?

Sobriété et autonomie, la question de l’alimentation énergétique est devenue essentielle, avec les enjeux de réchauffement climatique et d’instabilité internationale. La centrale de Labarde, en produisant 75,500 MWh par an, éviterait le rejet de 3,000 tonnes de CO2 par an. Mais les projets de centrale solaire posent parfois des problèmes d’acceptabilité, notamment lorsqu’ils grignotent de l’espace naturel. « Nous développons nos projets essentiellement sur des terrains non constructibles, non agricoles, comme d’anciennes décharges ou carrières, assure Xavier Nass. Mais pour accélérer le plan de développement des énergies renouvelables d’ici à 2050, nous aurons forcément besoin d’aller sur d’autres terrains, et ce que l’on essaye de développer c’est associles me’a productions grivoltagrivolta production d’électricité. »

Leave a Comment