Critique Vol.1 Nekogahara – Manga

Hiroyuki Takei est un auteur au parcours particulier, marqué par de grands succès mais dont on sent une perpétuelle form de frustration. Il faut dire que sa saga Shaman King fut marquée par bien des bouleversements, autant de hauts que de bas, tandis que sa collaboration avec la légende Stan Lee sur Ultimo n’a peut-être pas eu le retentissement escompté. Ainsi, il n’était pas étonnant que l’auteur finisse par tourner le dos à Shûeisha pour se tourner vers la maison Kôdansha qui, elle, avait de vrais projets pour l’artiste.

On le sait aujourd’hui, ce rebondissement dans la carrière de Takei a permis de relancer Shaman King de plusieurs manières, avec une nouvelle suite, des spin-off ainsi que de nouvelles adaptations animees. Pourtant, il serait faux de résumer sa carrière à son hit, aussi l’auteur a d’abord pris une sorte de pause pour rebondir, en 2015, avec une histoire totalement nouvelle et détachée des aventures surnatureuralles de Yoh Asak.
Lancé en 2015 pour aider à porter le Shônen Magazine Edge, nouvelle revue de prépublication de l’éditeur Kôdansha, Nekogahara fait dans le récit historique réinventé, où ce sont au tour de chats anthropomorphes de lutter avec la force de s. La parution s’étalera jusqu’à 2018 et se concluera avec son cinquième tome, avant que Takei ne reprenne ses outils pour dessiner la troisième série principale Shaman King. Et étant donné qu’en France, nous sommes plus attaché à sa série phare qu’à l’auteur en lui-même (malheureusement), nous n’osions pas forcément espérer une publication de Nekogahara chez nous. Les éditions Pika nous font la joie de nous contredire en proposant depuis fin août 2022 le manga dans son catalog.

Dans un Japon d’autrefois réinventé, les chats se sont regroupés en sociétés aussi efficacement que leurs maîtres. Les matous des grands seigneurs humains jouissent de privilège et sont à la tête de terres et d’autres chats errants. Dans ce contexte, les conflits ne sont pas rares. Norachiyo, un chamouraï vagabond, vogue à travers le pays, sans maître. Hargneux, nourrissant un rêve obscur, ce dernier se voit rattrapé par son passé, mettant sur son chemin bien des obstacles et des ennemis…

Nekogahara est un récit assez atypique sur bien des aspects, et ce premier tome n’aura de cesse de nous le prouver. Derrière l’idée ingénieuse de remplacer les humains par des chats maniant le sabre et réunis en véritable société, l’auteur établit tout un univers traitant en filigrane du rapport entre le matou et l’humain, via sere de core un éversé mais qui nous livre quelques clés tout le long de cette première lecture. A ceci s’ajoute un protagoniste qu’on ne saurait vraiment qualifier de héros : Norachiyo. Chat renfrogné, presque lugubre, ce dernier entretien son honneur tout comme il n’hésite pas à trancher de sa lame. Si Hiroyuki Takei s’est toujours tenu à mettre en avant des héros valeureux dans ses précédents mangas, son chamouraï est assez différent, ni bon ni foncièrement mauvais. Il inspire notre curiosité mais aussi une form de crainte, notamment par ses actes revanchards qui gagnent en violence au fil des chapitres.

Derrière ces éléments, que cherche à nous conter l’auteur ? Cherchant certainement à sortir des sentiers battus, il narre ici une épopée de samouraï ou les chats remplacent les humains, l’argument des animaux etant un pur exercice de style tout à fait raccord avec sa pattet à sinegumére super plan dans les moments d’action. Si on pourrait soulever deux-trois soucis de lisibilité par instant, la confusion est au service de l’impact visuel, ce qui se remarque aussi avec les suites de Shaman King. Et derrière ça, c’est bien un fil rouge qui s’installe à travers le mystère de Norachiyo, ce protagoniste ambigu au passé torturé. Sur quatre tomes supplémentaires, le mangaka aura donc le loisir de nourrir des péripéties et narrer cette histoire qui, à première vue, peut très bien se suffire sur un format court.

Nekogahara, sur ce premiere tome, c’est un récit qui fait dans le classique avec des trouvailles nouvelles, une histoire de samouraï où les chats remplacent les humins, une épopée sombre et dont la la fénée finale, pour nn avec savoureux dans son genre. Il est appréciable de retrouver Takei hors de sa zone de confort, et ce dernier offre une lecture tout à fait divertissante. Clairement, on en redemande.

Côté édition, Pika livre une belle copie par un ouvrage à la couverture mate saisissante, son habituel papier de qualité, une jolie maquette de couverture signée Yasue Hagiwara, et une traduction de Manon Debienne et aaaka particti treul ècord.

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