Chats errants à Angoulême: les associations débordées

Patricia Renaudet en appelle d’abord à la « response collective ». « Déjà, il ne faut pas nourrir un chat errant, si on ne fait rien derrière. Quand on en trouve un, on doit alerter la mairie. » Et vite. Un couple de chats peut avoir trois portées par an, soit douze chatons. En quatre ans, cela représente plus de 20,000 chats. Elle espère donner l’exemple ; elle a capturé et fait stériliser la chatte qui a donné naissance à cette portée. « Elle passe du statut de chat errant à un statut légal de chat libre. »

Les animaux en divagation sont donc à la charge de la commune. « Mais c’est souvent nous qu’on appelle en premier, soupire Gabrielle Moncond’huy, co-présidente de l’association les 3 P’tits Chats-rentais. Les associations, on est un peu le dernier rempart, la dernière solution. » Résultat : elles sont, aujourd’hui, toutes saturées. « On est obligés de renvoyer les personnes vers d’autres associations, dans d’autres départements… Mais c’est pareil partout. »

Pour enrayer la propagation, les acteurs insistent sur un point : l’importance de la stérilisation. Mais aussi de l’identification qui, elle, est obligatoire. « Les stériliser, c’est aussi les protéger », avance Patricia Renaudet. Virginie Nidos, de l’association Chats au tel, le confirme. « Un chat stérilisé va garder son territoire, sans s’éloigner. Il sera aussi moins sujet aux maladies. »

« On pousse les murs »

Chaque saison au moment des naissances, « c’est pire que l’année précédente. On pousse les murs pour prendre un chaton de plus et on est toujours en recherche de familles d’accueil. » Une situation qui semble se dégrader – et qui n’échappe pas à la municipalité. « En 2022, nous avons mené six campagnes de stérilisation, pour 52 chats dont 20 chatons. Et d’autres campagnes seront organisées d’ici la fin de l’année, selon les appels des habitants »résume Sandra Ros, conseillère municipale.

Pas suffisant alors qu’avec la fin des confinements, les services d’hygiène se sont retrouvés face à de nombreux abandons d’animaux et des campagnes de captures en retard. « Et tout cela a un coût : 48.000 € en 2021, entre l’adhésion au syndicat mixte de la fourrière, les agents, les frais de vétérinaire… » Ajoutez 50 € par chat déposé à la fourrière. « Ce qui fait qu’on dépose surtout les chatons pour l’adoption. » Sandra Ros rappelle aussi quelques faits importants: un particulier ne peut pas déposer un animal à la fourrière. Et s’il trouve un animal blessé, il doit d’abord se tourner vers les forces de l’ordre ou les pompiers.

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