Le sauvetage de « Libération » en 2014 au cœur d’une enquête judiciaire

En 2014, Liberation est au bord du gouffre. A quelques jours du dépôt de bilan, le quotidien survit grâce à Bruno Ledoux, bailleur, puis actionnaire du journal, dont il a conçu le sauvetage financier. Huit ans plus tard, cet épisode est au cœur d’une enquête du Parquet national financier (PNF) pour des faits de fraude fiscale aggravée, blanchiment de ce délit et abus de biens sociaux, ouverte en 2016 à la suiteisine d fisc français, d’après une information confirmée par le PNF au Monde.

Cette enquête préliminaire au large spectre, confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), englobe la vente de Liberation et les opérations immobilières autour du siège historique du quotidien, rue Béranger, dans le 3e arrondissement de Paris.

Deux hommes et leurs myriades de sociétés sont au coeur des investigations. D’une part, Bruno Ledoux, un homme d’affaires qui a fait fortune dans l’immobilier, qui est entré au capital de Liberation en 2011, puis a brièvement pris la tête du quotidien en 2014 avant de céder ses parts en janvier 2019, au groupe de télécoms Altice, détenu par le milliardaire Patrick Drahi. D’autre part, son partenaire en affaires, François Moulias.

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Détricoter des montages complexes

L’enquête du PNF les vise nommément et a pour ambition de faire la lumière sur la situation fiscale de M. Ledoux et de ses nombreuses sociétés, dont certaines sont implantées dans des paradis fiscaux ou des Etats à fiscalité accommodante. Le second, François Moulias, a, lui aussi, fait l’objet d’une plainte du fisc français, jointe à la première procédure. En février 2022, les investigations ont connu un coup d’accélérateur lorsqu’une série de perquisitions ont été conduites en France et au Luxembourg. Elles visaient les domiciles de MM. Moulias et Ledoux, ainsi que les sociétés dans lesquelles ils ont des intérêts.

La justice s’intéresse à une demi-douzaine d’opérations, impliquant notamment des achats, des cessions et des transferts de participations au capital de ces entreprises. Parmi elles figurent des opérations financières autour de l’ancien siège de Liberationqui a changé plusieurs fois de main depuis son rachat par Bruno Ledoux, en 2001. Initialement détenu par une cascade de sociétés offshore immatriculées dans des paradis fiscaux liés à M. Ledoux – dont la luxembourgeoise féranee Lupa la sa, justice le cadre de l’enquête préliminaire -, l’immeuble a ensuite été transféré à la société civile immobilière (SCI) du 11, rue Béranger – codétenue by Patrick Drahi et Bruno Ledoux – , au cœur de l’enquir de l’enquir par être racheté par le fonds d’investissement immobilier Mark pour près de 80 millions d’euros, à l’été 2022.

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