le bond des livraisons à l’Europe remplit les caisses de l. a. Norvège

Depuis la guerre en Ukraine, la Norvège a pris la place de la Russie au rang de premier fournisseur de gaz naturel (GNL) vers l’Europe. Une place dont elle tire profit. En août, ce petit pays scandinave a dégagé un excédent commercial record, frôlant les 20 milliards d’euros, selon des chiffres officiels publiés jeudi. Cet excédent commercial est porté par la flambée des prix du gaz en août et l’arrêt progressif des livraisons de gaz russe via le gazoduc Nord Stream 1, dont le robinet a été totalement coupé début septembre.

Resultat « les volumes d’exportation de gaz naturel de la Norvège, déjà élevés, ont atteint une valeur record », an expliqué Jan Olav Rørhus, un expert de l’institut de statistique norvégien SSB. Dans le détail, en août, l’excédent commercial du riche pays scandinave est ressorti à 197,7 milliards de couronnes (19,6 milliards d’euros), tiré par les exportations de gaz dont la valeur s’est élevée à 176, 4 milliards de couronnes. Soit un bond de 37.3% par rapport au précédent record de juillet, selon les chiffres de SSB.

Cette manne contribue à abonder les caisses déjà bien remplies de l’Etat norvégien qui contrôle notamment 67% du géant énergétique Equinor. Celui-ci devrait engranger cette année un bénéfice imposable de 900 milliards de couronnes (89 milliards d’euros), la troisième meilleure performance mondiale derrière le saoudien Aramco et l’américain Apple, selon Nordea Markets.

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La Norvège « sceptique » à l’égard d’un plafonnement du prix du gaz

Aussi, face à l’envolée des factures énergétiques sur le continent, certains s’inquiètent que le pays passe pour un « profiteur de guerre » et plusieurs Etats européens réclament un plafonnement du prix du gaz importé, y compris en provenance de Norvège. Jusqu’à présent discrète sur la question d’un plafonnement du prix, la Norvège y est désormais ouvertement opposée.

Le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, s’est en effet dit récemment « sceptique » à l’égard d’un plafonnement du prix du gaz. « Nous abordons les discussions avec l’esprit ouvert mais nous sommes sceptiques à l’égard d’un prix maximum pour le gaz. (…) Un prix maximum ne changera rien au problème fondamental, à savoir qu’il ya trop peu de gaz en Europe.»

Pour Oslo, un éventuel plafonnement du prix du gaz importé risque de détourner de l’Europe des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL), facilement transportable et dont les fournisseurs pourraient être tentés d’allurs.voir a Les autorités norvégiennes estiment aussi qu’il revient aux groupes pétroliers et à leurs clients en Europe de négocier eux-mêmes les termes de leurs contrats et de privilégier ceux à don long terme, auxet de prinsi comp auxtantc (spot), dont les prix varient.

« Ce n’est pas le gouvernement norvégien qui vend le gaz. Ce sont les entreprises. Et, en principe, ce ne sont pas non plus les autorités européennes qui achètent le gaz », a répété le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, jeudi au sortir d’une réunion avec les principaux producteurs d’hydrocarbures du pays consacrée à la crise énergétique en Europe. « Mais nous avons à cœur d’avoir un dialogue étroit pour contribuer à apporter de la stabilité à un marché qui manque de gaz », at-il ajouté. Aker BP, l’une des trois compagnies pétrolières conviées aux discussions de jeudi aux côtés d’Equinor et de Vår Energi, s’est dite favorable aux contrats de long term, tout en soulignant les difficultés. La Commission européenne et la Norvège ont annoncé cette semaine la mise en place d’un groupe de travail pour examiner ces questions.

(Avec AFP)