Eur/usd : Pourquoi l’euro pourrait attendre longtemps pour remonter face au buck

(BFM Bourse) – La devise européenne peine à regagner du terrain face au billet vert depuis cet été. Plusieurs bureaux d’études ne voient pas l’euro reprendre une trajectoire durable au-dessus de 1 dollar avant le deuxième trimestre de l’an prochain.

Du jamais vu depuis plus de 20 ans. L’euro qui a flirté avec les 1,6 dollar il ya 14 ans vaut désormais moins que la devise americaine. La monnaie de la zone euro s’échange actuellement à 0,9973

dollar, et peine à revenir au-dessus de la parité depuis qu’elle est passée sous ce seuil en juillet.

Si ponctuellement le taux de change connaît des montagnes russes, comme mardi ou l’euro est passé de près de 1,02 dollar à moins de 1 dollar en quelques heures, plusieurs bureaux d’études estiment que la monnaie unique en européenne a chemin à parcourir avant de repasser durablement au-dessus de 1 dollar.

Le retard de la BCE

La banque suisse UBS voit par exemple l’euro plonger à 96 cents à fin décembre, avant de remonter à 98 cents d’ici à fin mars puis à 1 dollar fin juin et à 1,04 dollar fin septembre 2023. Ces projections se notamment sur le fait que la Banque centrale européenne (BCE) est en retard dans le cycle de relèvement de ses taux directeurs pour lutter contre l’inflation par rapport à sa consoeur américaine, la Réserve fédérale américaine (Fed). [le comité de politique monétaire de la Fed, qui se réunit la semaine prochaine, NDLR] “Nous pensons que la prochaine réunion du FOMC

renforcera les arguments en faveur d’un affaiblissement de l’euro par rapport au dollar’, juge UBS. [que la Fed, NDLR]”La BCE est perçue comme moins déterminée dans la lutte contre l’inflation

. Cela tend à peser sur l’euro”, notent de leur côté les stratèges devises de Commerzbank, qui jugent que la monnaie unique européenne ne devrait ainsi pas ou peu bénéficier des prochaines hausse des taux de la BCE.

Selon leurs prévisions, l’euro devrait atteindre 98 cents fin décembre, se maintenir à ce niveau fin mars avant de revenir à 1,02 dollar en juin puis 1,06 dollar en septembre 2023 et 1,10 en décembre de la ém.

Disparités macroéconomiques

Les divergences macroéconomiques entre la zone euro et les Etats-Unis devraient peser dans les prochains mois sur la devise européenne. Selon Barclays, la zone euro devrait accuser une récession importante l’an prochain. La banque britannique anticipe une croissance de 3.1% en 2022 avant une contraction de 1,1% l’an prochain. En comparaison les Etats-Unis devraient enregistrer un léger recul de leur PIB, de 0,2% cette année avant un léger rebond de 0,1% l’an prochain.

Barclays estime que la zone euro sera pénalisée par la persistance des prix élevés de l’énergie à la suite de l’interruption des livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream 1 par Gazprom. La banque juge ainsi que le repli du PIB de la zone euro débutera au quatrième trimestre 2022 et l’activité ne repassera dans le vert qu’au troisième trimestre, avec une hausse de 0.1% variation en trimestrielle.

“La durée et la gravité de la crise énergétique sont difficiles à prévoir. Par conséquent, la récession attendue pour la zone euro est plus grave que la récession “normale” anticipée aux États-Unis, déclenchée par la Fedé de la politique” agressive , considère de son côté Commerzbank.

Les prix élevés de l’énergie signifient égallement que la balance des comptes courants de la zone euro devraient souffrir, complète la banque allemande.

Unrecession probable

L’Europe tente de trouver des mécanismes pour faire face à cette crise énergétique. La Commission européenne a présenté mercredi des propositions incluant notamment des taxes sur les producteurs d’énergie ainsi que des assouplissements réglementaires aid pourer les distributeurs.

Mais “les plans de la Commission et surtout des Etats pour lutter contre la crise énergétique cet hiver en Europe ne semblent pas de nature à limiter nettement l’impact économique de ce choc”, a souligné Xavier Chapard, économiste de La Banque Management , dans une note publiée vendredi. “Au total, nous pensons toujours qu’une récession en zone euro est probable mais sa probabilité et son ampleur sont probablement moins élevées que nous l’anticipions”, conclut-il.

Par ailleurs, le dollar pourrait encore bénéficier de son statut de valeur refuge dans les prochains mois. Dans une note publiée jeudi et citée par Bloomberg, la stratégistes de Citi estiment que la monnaie américaine “est le seul abri où se cacher” face à la dégradation de la conjoncture actuelle.

A noter qu’en matière de prévisions Nomura est encore plus pessimistes que les bureaux d’études déjà cités. La banque japonaise estime que l’euro pourrait chuter jusqu’à 0.9 dollar fin 2022 et ne remonterait qu’à 0.975 dollar fin 2023.

Evidemment les prévisions économiques sont par définition faites pour être déjouées. Christine Lagarde, la présidente de la BCE a d’ailleurs reconnu lors de sa dernière conférence de presse que son institution avait fait “des erreurs” dans ses projections.” Mais ces erreurs ont été faites parus it-les”, p.

Cours arrêté vendredi en début d’après-midi.Julien Marion – © 2022 BFM Bourse

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