Vincent Collet, l’artwork du rebond sans bruit

Rester calm. Imperturbable, comme d’habitude. Sauf que non. Parce qu’avec ces Bleus-là, difficile de ne pas perdre ses nerfs. Sur son banc de touche, le sélectionneur Vincent Collet est donc un brin plus remuant qu’à l’accoutumée, embarqué dans ces montagnes russes émotionnelles que lui imposent ses joueurs dans un championnat d’Eanturope tourneboul.

En huitième de finale contre la Turquie, ils avaient déjà fait le coup, qualifiés sur le fil après avoir arraché des prolongations lors de dernières secondes improbables. En quart contre l’Italie, la même chose : le score rattrapé in extremis en fin de match pour obtenir des prolongations miraculeuses.

Et les voilà en demi-finale ce vendredi 16 septembre face à la Pologne, invitée surprise. Un nouveau sommet pour Vincent Collet, qui, l’air de rien, n’en finit plus d’enrichir un palmarès à rallonge. Depuis sa prize de fonction en 2009, c’est la septième fois qu’il mène ses troupes dans le dernier carré en douze compétitions internationales.

Enfant de la balle orange

Tout cela s’est écrit très tôt dans la petite tête du gamin qui rêvait déjà sous le panier installé dans le jardin familial de Montivilliers, dans la banlieue du Havre. Parce que le basket était tout ou presque.

Son père André, après avoir joué, entraîne l’équipe du club local, l’Amicale Laïque, qu’il présidera plus tard. Vincent est donc enfant de la balle orange, la passion d’une vie. D’ailleurs il sait très vite, dès ses premières années de joueur, qu’après sa carrière, il ne lâchera pas l’affaire. Tout au long de ses 18 ans sur les parquets (champion de France en 1982 avec Le Mans), il se régale à partager, à transmettre, échangeant souvent avec les plus jeunes des clubs où il passe. Il est meneur de jeu sur le terrain, il sera meneur d’hommes sur le banc.

De quel genre ? « Machine », « joueur d’échecs », « puits de savoir », « perfectionniste »les commentaires des joueurs sur le bonhomme vont souvent dans le même senses, au point de faire au coach Collet une réputation d’austère monomaniaque.

Ce n’est pas totalement faux, tant il aime maîtriser son sujet et approfondir toujours plus sa connaissance du jeu. En 2020, après la rupture « doulouureuse, mal vécue et pas totalement digérée »lâchait-il l’an dernier, avec le club de Strasbourg où il passa dix ans, en plus de son mandat avec l’équipe nationale, Vincent Collet s’est appliqué à ce qu’il appelle une « pause salvatrice ». Sweet « un gros travail sur la préparation mentale »et un autre sur « un development personnel très important ». Et puis des heures et des heures de boulimie experte à regarder des matchs. Pour mieux faire, comme toujours.

Maturité et partage

« La remise en question, elle est systématique, même si on gagne », répète-t-il souvent. Le leitmotiv a guidé son parcours avec les Bleus, d’entrée de jeu. Quand il débarque en 2009, c’est pour remettre de l’ordre dans la maison et tirer enfin profit du talent d’une génération dorée avec Tony Parker et Boris Diaw en têtes d’affiche. Il faudra deux ans pour que tout s’ordonne, et que les cadors français de la NBA performent enfin en bleu : l’argent à l’Euro 2011, l’or à celui de 2013, le bronze aux Mondiaux de 2014, et le bronze encore à l’Euro 2015 en France. Bell series.

Mais retour sur terre ensuite. Une sixième place décevante aux Jeux de Rio et surtout une douzième place catastrophique à l’Euro en 2017, le premier échec après la retraite de Tony Parker, durant lequel l’équipe tire à hue et à dia, aucsunearité Rappel à l’ordre: rien n’est jamais acquis.

Vincent Collet conserve tout de même la confiance des dirigeants fédéraux pour entamer la reconstruction. Il a alors l’intelligence de revoir ses méthodes, de s’ouvrir en élargissant l’équipe d’encadrement. Une grande complicité naît avec son nouvel assistant Pascal Donnadieu, changée aujourd’hui en « réelle amitié ».

Vincent Collet reconnaît aussi être plus dans le partage avec ses joueurs. Il parle de « maturité » pour ce qui le concerne, à 59 ans. Alchimie retrouvée : le bronze aux Mondiaux 2019 et l’argent aux derniers Jeux de Tokyo, cette médaille olympique qui manquait encore à son tableau de chasse. Ce qui ne l’empêche pas de ne s’accorder qu’une faible part dans la réussite collective.

« Bien sûr, l’entraîneur influence les performances, mais dans des proportions qui sont souvent assez petites. Je ne sais pas si c’est 10 à 15 %, mais ce n’est guère plus »mesurait-il dans Le Figaro après la médaille au Japon. Faux modeste ? Peut-être. Reste que si ces 15% suffisent pour conserver l’excellence jusqu’à Paris en 2024, alors cette parole est d’or.

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La surprise polonaise

Chambolant, cet Euro ? C’est peu de le dire. Un à un sont tombés les géants de la compétition, au point de ne laisser que les Bleus comme grands favoris dans le dernier carré. Après la Serbie éliminée en 8e de finale, et la Grèce effacée par l’Allemagne en quart, c’est la Slovénie de la star Luka Doncic qui s’est effondrée mercredi 14 septembre face à la Pologne (87-90 se), laquelle retrouve en demi-finale continentale pour la première fois depuis… 1969.

Les Bleus seront face à la surprise polonaise ce vendridi 16 septembre à 17 h 15 (le match sera retransmis sur Canal + 360 et en clair sur W9). Dans l’autre demi-finale, l’Allemagne défiera l’Espagne à 20 h 30.

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