Robert Sarver a décidé de mettre en vente les Suns

La décision, inattendue, de Robert Sarver d’entamer le processus de vente des Phoenix Suns et du Mercury a dû soulager beaucoup de monde mercredi. Les employés des deux franchises d’abord. Ceux qui avaient dénoncé les remarques racistes et misogynes de leur patron, souvent à la limite du harcèlement. « On peut avancer sans la peine et l’anxiété associée à son leadership »a confié l’un d’entre eux à ESPN, le média qui a révélé les accusations il ya près d’un an.

Les joueurs également. « Fier d’appartenir à une Ligue dévouée au progrès », a twitté LeBron James quelques minutes après l’annonce. Chris Paul, la star des Suns, avait fait part de son malaise au moment de la publication la semaine dernière par la NBA d’un rapport confirmant les allégations d’ESPN.

Mais c’est peut-être dans les bureaux de la NBA et dans les QG des autres franchises qu’on respire le mieux. Adam Silver, loué jusqu’ici pour son travail de “commissioner”, a vu tumber les critiques quand la Ligue a communiqué sa sanction après le rapport : un an de suspension et dix millions de dollars d’amende. Expliquer qu’un proprietaire « a des droits particuliers » par rapport à un employé n’a rien arrange à la crise. Mercredi, il s’est contenté d’un communiqué en deux phrases: « Je soutiens pleinement la décision de Robert Sarver. C’est le bon choix pour l’organisation et la communauté ».

Mardi dans son podcast, Draymond Green, mécontent de la sanction initiale, avait invité les autres proprieties à voter, comme pour Donald Sterling obligé de revendre les Clippers in 2014 dans des circonstances comparables. Ils n’auront pas à le faire. Sarver leur an enlevé une épine du pied.

Le communiqué du futur ex-propriétaire des Suns cache mal sa frustration et une certaine rancoeur. « Je pensais que la suspension d’un an me donnerait le temps de faire amende honorable […] mais dans le climat impitoyable actuel, il est devenu clair que c’était impossible, que tout le bien que j’ai fait ou aurais pu continuer à faire ne pesait rien face aux choses que j’ai dites dans le passé »a écrit celui qui se présente comme un homme de foi.

75% des basketteurs de la NBA sont afro-américains

Né en Arizona, Sarver ya grandi, étudié à l’université et fait fructifier la fortune familiale. L’investisseur a racheté les Suns et le Mercury en 2004. Ces dernières années, il a placé deux hommes noirs à la tête de son organisation, le coach Monty Williams et le GM James Jones. Deux hommes qui en 2021 ont porté la franchise jusqu’à sa première finale NBA depuis 1993. En 2010, il s’était aussi opposé publiquement à un projet de loi ciblant les hispaniques de l’État frontalier du Mexique. Alors il regrette que ses mots « éclipsent deux décennies passées à construire des organisations qui ont rassemblé et rendu plus forte la région de Phoenix ».

Le révérend Al Sharpton, figure des droits civiques, veut y voir la fin d’une époque, celle du « club des vieux propriétaires racistes qui traitent les joueurs noirs comme leur proprieté ». 75% des basketteurs de la NBA sont afro-américains. La majorité des proprietaires sont des milliardaires blancs. À 60 ans, Sarver, lui, va bientôt quitter le club. Sa franchise achetée 400 millions de dollars vaudrait quatre fois et demie plus aujourd’hui.

.

Leave a Comment