Eurobasket – Evan Fournier, l’heure du patron

En France, dans le basket plus qu’ailleurs, on nomme les générations par leur année de naissance. Il ya eu la 1982, la plus fameuse d’entre toutes, celle de Tony Parker et Boris Diaw, celle de 88-89 dont le plus fier représentant s’appelle Nicolas Batum et, en attendant la suivante, celle de 1992 emmenée par Evan Fournier et Rudy Gobert. Le temps faisant, cette dernière a pris le pouvoir cette année, bien aidée par les défections temporaires de Batum et De Colo. Cet Euro doit être historique pour ce duo, mais si le pivot a bien marqué son territoire, il n’en va pas de même pour l’arrière.

15 points de moyenne à 37,8% au tir, Evan Fournier réalise sa moins bonne compétition depuis 2019 (18 pts à 45% aux Jeux, 19.7 pts à 42% au Mondial). Pourquoi ? On peut avancer trois hypothèses : la première, l’équipe de France joue moins bien et Fournier a moins de tirs “facils”. La seconde, qui rejoint la première d’ailleurs, les absences de Nando de Colo et Nicolas Batum lui font du tort. La troisième, après une saison cahin-caha aux Knicks, il est en manque de confiance. Le cocktail n’est pas le plus digeste pour Fournier qui a quand même réussi une pointe à 27 unités face aux Lituaniens.

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Le bal des surprises, le champ des possibles

IL YA UNE HEUR

Simone Fontecchio (Italie) face à Evan Fournier (France), mercredi 14 septembre 2022. / EuroBasket 2022

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Cette équipe, c’est celle de Fournier

Contre l’Italie en quart de finale, tout avait bien démarré. Deux tirs à trois points et un panier avec la faute sous le panier l’envoyaient déjà à neuf points… soit plus de la moitié de son total final. Cerise sur le gâteau si l’on peut dire, le Val-de-Marnais a dû quitter ses partenaires pour six fautes en prolongation. C’est sans lui que les Bleus ont fini le travail. Le pourront-ils jusqu’à la finale avec un Fournier en dedans ?

Cette équipe de France, sans avoir la somme de talents de ses devancières, n’en manque pas vraiment. Thomas Heurtel ou Guerschon Yabusele sont de sérieux soutiens, et parfois mieux, pour le duo Fournier-Gobert. Mais cette équipe, c’est celle de “Vavane” qui en a d’ailleurs été nommé capitaine cet été. “Si tu sens des frictions entre un coach et un leader, ça va déteindre sur tout le monde. Dans le cas inverse, le groupe suit“, expliquait Fournier à propos de sa relation avec Vincent Collet dans une interview à L’Equipe. Preuve que l’arrière est l’homme numéro un de cette équipe, le relais du sélectionneur et son arme principale.

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Il a trop souffert en Bleu

Cet Euro peut donc consacrer Evan Fournier, si ce n’est dans le panthéon du basket français, au moins dans son histoire. Si d’aventure l’équipe de France venait à triompher comme elle l’avait fait en 2013, l’arrière new-yorkais récolterait sans doute un peu plus de lauriers que les autres de par son statut. Reste qu’il lui faut pour cela faire deux derniers matches de très haut niveau. Car jusqu’ici, il a plutôt soufflé le froid. Mais Fournier a trop souffert en équipe de France pour accepter de se manquer et compromettre l’objectif collectif.

Euro 2013, Evan Fournier est certain d’en être mais n’est pas retenu par Vincent Collet. JO 2016, meme topo. Coupe du monde 2019, les Bleus tapent les Etats-Unis en quart mais perdent la demie contre l’Argentine. Ils sauvent le bronze mais celui-ci ne satisfait pas le joueur qui tire la tronche sur le podium. Trois moments, trois déceptions et surtout trois rendez-vous manqués. Face à la Pologne d’abord ce vendredi (17h15) puis en finale, peut-être, en voilà deux nouveaux. Et cette fois, Fournier a tout intérêt à être ponctuel.

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