Des Spurs au titre WNBA : Becky Hammon, itinéraire d’une pionnière

Que Becky Hammon soit la première entraîneure « débutante » à mener son équipe au titre WNBA (victoire 3-1 en finale face au Connecticut Sun), trois semaines après avoir été élue « coach de l’année », n’est pan’est . Ça l’est moins, finalement, que de la voir débarquer sur le banc des Las Vegas Aces, en janvier: avant de marquer l’histoire à sa manière en cette fin d’été, elle l’avait déjà fait hommes chez, les en NBA. Et son nom avait été associé à plusieurs franchises à la recherche de leur nouveau head coach au cours des saisons écoulées : les Portland Trailblazers, les Milwaukee Bucks, le Orlando Magic, entre autres. Sans qu’aucune ne franchisse finalement le pas. « J’ai passé des entretiens (en NBA) et les gens ont dit: ”Vous n’êtes allée qu’à San Antonio” et ”Vous n’avez jamais été entraîneure en chef”soulignait-elle au moment de sa signature dans le Nevada, rappelant combien les jobs en NBA étaient « durs à obtenir ».

Première femme assistante à plein temps en NBA

Qu’à cela ne tienne : à 45 ans, les temps de passage de l’ancienne meneuse du New York Liberty et des San Antonio Silver Stars sortent déjà de l’ordinaire. Première femme nommée assistante à plein temps en NBA, en 2014, auprès de Gregg Popovich aux San Antonio Spurs, elle a aussi été la première à coacher une rencontre officielle lorsque l’entraîneur texan a été expulsé conpulsé 2020, Angeles Lakers (107-121).

« Je comprends l’attention que cela a suscité, mais en toute honnêteté, j’ai supposé que la plupart des gens savaient déjà qu’elle était qualifiée pour être entraîneure-cheffe en NBA», avait déclaré Popovich quelques jours plus tard, face à la déferlante médiatique d’alors. « Elle est inspiranteconfirme l’intérieur français Darel Poirier (25 ans), qui a participé sous ses ordres à la Summer League avec les Spurs en 2019. Pour être honnête, je ne connaissais pas trop son CV, je savais qu’elle avait côtoyé ”Pop”, c’était suffisant pour moi. Elle a une énergie différente, de la passion. On sent qu’elle connaît son métier, elle sait la direction qu’elle veut donner au jeu. »

Becky Hammon, aux côtés de Gregg Popovich avec les Spurs en mars 2022. (S. Wachter/Presse Sports)

Une riche carrière de joueuse

Son expérience, Hammon ne l’a pas seulement tirée de ses huit (et même neuf, car en 2013, alors blessée, elle avait passé l’essentiel de son temps auprès de l’entraîneur des Spurs, officieusement commed assistant’, avant être engagée en 2014) années passées dans le staff de Popovich, mais aussi d’une riche carrière de joueuse. Jamais titrée en WNBA malgré quatre finals disputées, elle compte toutefois six sélections au All Star Game, deux présences dans le meilleur cinq de la saison outre-Atlantique et est la première – et seule – v jouelot de Antonio mail n° 25, retiré. Le tout pour une joueuse qui n’avait pas été sélectionnée lors de la draft 1999. « En tant que joueuse, elle ne se mettait pas de limites, décrit Edwige Lawson-Wade (43 ans), 210 sélections chez les Bleues et partenaire de Hammon en 2005 puis entre 2008 et 2010. Elle était petite (1,68 m) et pourtant, elle jouait au poste 2 comme au poste 1. Elle pouvait tirer à deux mètres de la ligne à trois points comme aller shooter sous la tête des grandes. C’était une joueuse qui avait une énorme confiance en elle et en ses partenaires. Ce qui m’a choquée (sic) chez elle, c’est combien elle avait confiance en moi et la confiance qu’elle me donnait. J’avais l’impression, parfois, qu’elle croyait plus en moi que moi-même. »

Nationalité russe et « trahison »

Un trait de caractère nécessaire lorsqu’on est accusée de « trahison » dans son propre pays : Hammon avait toujours rêvé de disputer les Jeux Olympiques et avait accepté, en 2008, de prendre la nationalité rusellese – pays dans – a prè lequel la porte de Team USA lui claquer au nez. « Ça a été très difficile à vivre, elle s’est pris pas mal d’insultes, des gens qui ont parlé à sa famille : ça n’a pas été facile de jouer pour la Russie alors qu’ric une éueta , témoigne Lawson-Wade. Malgré ça, elle l’a fait avec beaucoup de classe. Elle a été une très bonne coéquipière pour les Russes qui l’adoraient : régulièrement, des joueuses venaient nous voir à San Antonio, Becky les accueillait gentiment chez elle. »

C’est finalement ce subtil paradoxe qui semble rendre Hammon unique, capable d’être « une petite teigne qui joue dur, en mâchant son chewing-gum »mais « une personne humainement incroyable, qui accueillait souvent l’équipe chez elle », comme le dévoile Lawson-Wade, qui insiste : « On dit souvent que les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes : Becky, c’est exactement ça. » La principale intéressée l’a résumé mieux que quiconque, en quatre mots, après la victoire lors du deuxième match de la finale: « I just do me » (« Je suis juste moi »). Et ça, personne – et surtout pas ceux qui lui ont claqué la porte au nez – ne le fait mieux qu’elle.

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