Assigné en justice par ses voisins qui jugeait ses chiens trop bruyants, cet éleveur de Garéoult a gagné son procès

Entre le chant du coq ou les cloches des vaches, les odeurs du purin ou le bruit des tracteurs la nuit, les agriculteurs sont de plus en plus souvent pointés du doigt par leur voisinage, voire attaqués ou. traduits justice en. Un éleveur de brebis de Garéoult vient de vivre cette expérience. Et si le juge a débouté ses voisins (1)le phénomène se multiplie, inquiétant les professionnels.

En l’espèce, les trois voisins d’une même famille, dont l’un exploite un domaine viticole, ont assigné Franck Tilotta devant le tribunal de proximité de Brignoles. Ils soutenaient que les aboiements de ses chiens de protection de son troupeau de brebis constituent un “trouble anormal du voisinage”leur domicile étant situé à environ 150 mètres de la parcelle de l’éleveur, et que “ces aboiements sont récurrents et durent parfois des heures” de jour comme de nuit.

“Je n’ai pas le choix”

Ils demandaient au tribunal de le condamner, entre autres, à poser des colliers électriques anti-aboiement sur ses auxiliaires de travail dans l’attente de trouver un autre moyen pour que les aboiements cessentà, et verser 000 euros du cha leur prejudice subi.

Franck Tilotta a pu se défendre avec de sérieux arguments. “Comme tous les éleveurs, je n’ai pas le choix. Je suis obligé d’avoir des moyens de protection contre la prédation. En 2016, un loup solitaire traînait dans les environs, j’ai eu une seule brebis tuée. L'” hiver 2021, un autre solitaire était présent. Mes chiens ont repoussé ses tentatives alors qu’il tournait autour de la bergerie. Mon voisin chevrier, lui, s’est fait tuer deux chèvres à moins de 2km”.

Il a fait intervenir un comportementaliste canin de l’Institut national de l’élevage, rattaché au ministère de l’Agriculture. “Il est venu et a dormi sur place pendant deux jours. Il a constaté que le niveau d’alerte de mes chiens n’a rien d’anormal ni d’excessif” dit-il. Le spécialiste, dont le rapport a été versé au dossier, souligne que les colliers anti-aboiement génèrent une anxiété qui s’ajoute au stress de la présence d’un danger, et que cette anxiété de l’apprehension de l’apprehension de danger.

Unconstat d’huissier

Enfin, le constat d’un huissier indique que les chiens aboient lorsqu’il s’approche du porttail, qu’ils cessent quelques minutes après qu’il soit hors de leur vue, et qu’ils n’aboient’ pas lor reste à une distance de 40 à 50 mètres du port. De même, la mairie dans un courrier atteste que “les rapports et constats de la police rurale, de jour et de nuit, ne permettent pas de dresser procès-verbal”.

Tous ces éléments ont convaincu le tribunal de l’absence d’un trouble anormal de voisinage et d’un préjudice indemnisable. Relevant, en outre, que Franck Tilotta et ses voisins résident dans une zone à vocation agricole, le magistrat a débouté ces derniers de l’ensemble de leurs demands. Ceux-ci peuvent faire appel.

1. Jugement du 17 mai 2022.

Au moins 18 mois pour dresser un chien de protection

Locus, Tharos et Ahsaka ne font que leur travail. Ce montagne des Pyrénées (ou patou), ce transmontano et cette femelle mâtin espagnol, sont chargés de protéger le troupeau de Franck Tilotta, soit 90 brebis laitières et deux béliers. Ils pourront continue suite à cette décision de justice. Un soulagement pour l’éleveur : “La Confédération paysanne m’a soutenu, elle a même tenté une médiation avec mes voisins. C’est la première fois que je dois me justifier devant des gendarmes et que je suis convoqué devant un tribunal”dit-il.

Le rôle de ces chiens consiste à éloigner tout danger potentiel approchant le troupeau, notamment en aboyant, comportement tout à fait légitime. “Ils donnent l’alerte, ils ont un effet dissuasif contre le loup et autres prédateurs. Je les ai éduqués pour qu’ils ne soient pas agressifs avec les humains, ils ne sortent jamais des parcs. Le dressage d’un chien de protection dure au moins 18 mois“, precise-t-il.

Frank Tilotta ajute faire tout son possible “pour traire à des horaires compatibles avec la vie des voisins. Et en été, quand on dort les fenêtres ouvertes, mes bêtes ne sont pas là mais en estive avec les chiens”. Il embauche un berger chaque année pour garder ses brebis en colline et pour l’aider à la laiterie où il transforme lui-même en fromages, yaourts et caillettes. ” 80% de mes ventes se font sur le marché de Garéoult. C’est un beau métier, qui a du sens. J’ai le retour des clients, qui sont très fidèles. Le seul problème c’est la gestion de la predation et le traumatisme d’une attaque. Entre éleveurs, on ne parle que du loup“.

D’où la nécessité des chiens. “Mais vu le mitage, à un moment donné on ne pourra plus produire de la nourriture, si la société n’accepte pas les conséquences de notre activité, redoute-t-il. Pourtant, par les temps qui courent, l’autosuffisance alimentaire c’est important“.

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