Arte cherche la frontière entre cruauté animale et éthique écologiste

Avec Mon chien est vegan, l’émission “Regards” d’ARTE donne un coup de pied dans la fourmilière en traitant un sujet forcément polémique : l’alimentation végétalienne pour les chiens. Crauté animale ou engagement éthique pour la planète ? L’émission pose la question sans donner de réponse tranchée. Car malgré les initiatives qui flurissent, les études scientifiques ne permettent pas d’affirmer qu’une alimentation 100% végétalienne est bénéfique pour la santé des chiens. Certaines personnes n’attendent cependant pas ces preuves pour sauter le pas. Avant-gardistes ou illuminées ? Le débat est lancé.

Photo: Shutterstock

À l’image d’Yvonne, proprietaire de Sky. Végétarienne depuis plus d’une décennie, cette Allemande est végane depuis quelques mois. Elle souhaite supprimer la viaande du régime alimentaire de son chien. Pour cette, cette mère de famille fait appel à une vétérinaire qui lui conseille un program sur six semaines : mélanger les croquettes à la viande de son chien à des croquettes végétales et diminueràment la doses de viatreî disé, la progressive Le tout, en surveillant bien la santé, les selles et l’humeur de Sky.

“Je ne comprends pas les gens qui disent qu’ils adorent les animaux, qui gâtent leur chien (…) et qui lui achètent ce qu’il ya de moins cher comme viande. Sauf qu’elle vient d’un autre animal qui est aussi intelligent, sociable et affectueux que leur chien”justifie Yvonne devant les caméras d’ARTE, faisant ainsi référence au porc. “Les cochons peuvent répondre à leur nom quand on les appelle. Ce sont des animaux curieux qui examinent volontiers un nouvel objet introduit dans leur environnement”rappelle en effet l’association L214 sur son site.

Au-delà de la question éthique, yvonne convoque égallement un argument de taile concernant sa volonté de bannir la viaande dans son foyer, jusque dans la gamelle de son compagnon à quatre pattes: l’impact de l’élevage sur l’environne

180 kilos de viande consommés par an

Selon les chiffres rapportés par ARTE, le nombre de chiens en Allemagne a significativement augmenté entre 2000 et 2020, passant de 5 à 10,7 millions. En France, on comptait en 2020 7,5 millions de chiens. Un chien de petite taille consomme en moyenne 180 kg de viaande par an… contre 55 kilos en moyenne par personne. Les chiens sont-ils responsables du dérèglement climatique ou, a minima, auraient-ils un rôle à jouer dans la lutte pour la préservation de l’environnement et de la biodiversité ?

Pour Frank, proprietaire de deux caniches, la réponse est sans appel : il continuera de donner de la viaande à ses animaux de compagnie. “Le chien est un animal carnivore, c’est sa nature”assène-t-il dans le reportage avant de présenter les morceaux qu’il donne à ses toutous : des panses et des poumons de porc ou des oreilles de chevreuil. “Bien sûr que je pense au changement climatique mais je n’ai pas de scrupule à nourrir mes chiens avec de la viaande, parce que les morceaux que je leur donne sont des sous-produits que personne ne mange. Je ne vois pas pourquoi je n’en ferai pas profiter mes chiens, sinon cela sera jeté ou incinéré.”

Ce point de vue, Frank le défend même professionnellement : ancien proprietaire d’une animalerie, il a ouvert une boucherie pour chiens et chats. Là-bas, les humains peuvent acheter tout ce qu’ils ne veulent pas manger et le donner à leurs animaux de compagnie. Ce business ne serait-il pas une réponse à l’immense gâchis de nourriture issu de l’abattage des animaux ou de l’élimination des poussins mâles, par exemple (dont les chats semblent raffleer, selon Frank) ?

Des chiens victimes de cruauté ?

Tessa (ex-architecte) et Valérie (vétérinaire), ne sont pas de cet avis. Digestion Les cofondatrices de la start-up allemande vegdog, spécialisée dans la production et la vente de nourriture végétalienne à destination des chiens, s’adressent de leurs côtés à des propriétaires également végétaliens not de nour les ou ble pro la viaande. Elles travaillent leurs recettes avec des professionnelles et attachent une grande importance à l’utilisation de produits biologiques et de bonne qualité. Au menu de leur pâté ? Du soja, des graines de lin, de la courgette, du chou ou encore des graines de chia… Un mélange adapté au métabolisme des descendants du loup, dont la domestication par les humains an influencé sa tolérance à certain aliments. Mais pas à 100 % selon une dernière vétérinaire, interrogée par ARTE.

Pour elle, l’idéal est un mélange d’alimentation végétale et animale. Quant aux chats, mieux vaut adopter un lapin car, pour elle, les priver complètement de viande revient tout simplement à de la “cruauté animale”. Cet argument revient tout au long du reportage ou dans les commentaires laissés sur la chaîne YouTube d’ARTE. Priver son animal de compagnie de viande relève-t-il de cruauté, meme quand il reste en bonne santé ? Et quid des animaux élevés pour être mangés, dans des conditions de vie que nul humain ne pourrait supporter ? Une réalité laissée de côté qui mérite pourtant d’être prize en compte dans cette réflexion aussi complexe que passionnante.

Regardez le reportage d’ARTE :

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