allons-nous vers une nouvelle vague ?

L’actualité des dernières semaines, entre élections et guerre en Ukraine, a relégué le Covid-19 loin des projecteurs et des préoccupations quotidiennes. Le virus continue pourtant de circuler, et est même de nouveau en progression en France. La perspective d’une septième vague se précise.

Chez nos voisins, le Portugal a essuyé une nouvelle vague liée aux variants d’Omicron BA.4 et BA.5. Au Royaume-Uni, cas et hospitalisations sont repartis à la hausse. En Allemagne, le ministre de la Santé Karl Lauterbach a fait un triste constat la semaine dernière : La vague annoncée pour l’été est malheureusement devenue une réalité​. Le taux d’incidence est remonté à 472,4 cas pour 100 000 habitants.

Et en France ? Ici aussi le nombre de cas est reparti à la hausse depuis début juin. Le nombre de cas quotidiens communiqué par Santé publique France est difficile à interpréter accident ces derniers temps, en raison de la présence de jours fériés et de problèmes de saisies et de rattrapages, qui ont renduulée courbement.

Hausse de 49 % en une semaine

En lissant les cas quotidiens sur 7 jours glissants, on obtient une moyenne un peu plus lisible. Au 20 juin, on recensait en moyenne 46 146 contaminations quotidiennes sur les 7 derniers jours.

Cet indicator est en forte augmentation. Une semaine auparavant, le 13 juin, on recensait 31 000 cas par jour en moyenne. La hausse est de 49%…

L’arrivée d’une nouvelle vague ne vous paraît pas flagrante sur le graphique ci-dessus ? C’est peut-être une question d’échelle, en raison du pic de janvier 2022 qui écrase la courbe.

Si l’on prend un peu de recul, et que l’on fait démarrer la courbe en juillet 2020, après la première vague du printemps et au moment de la généralisation des tests, on se rend compte que l’amorce de 7e vague actuelle arrive déjà au niveau du pic de l’automne 2020 :

Lors d’un point presse ce mardi 21 juin 2022, le ministère de la Santé a qualifié la tendance de reprise épidémique modérée​.

La montée actuelle coïncide avec l’extension en France des variants BA.4 et BA.5, qui sont des sous-lignages d’Omicron.

Selon l’enquête Flash menée fin mai sur l’évolution des variants en France, le variant BA.2 d’Omicron était toujours majoritaire en France (72% des séquences interprétables), mais tendait à être progressive remplacé par BA.5.

Ce dernier représentait 24,2 % des séquences interprétables en semaine 23, contre 13,3 % la semaine précédente.

Lire aussi : Doit-on crindre une vague de Covid cet été avec les nouveaux variants Omicron ?

Une hausse sur tout le territoire

Selon les données consolidées diffusées à J + 3 par Santé publique France, le taux d’incidence national était de 459 cas pour 100 000 habitants pour la période du 10 au 17 juin 2022. Cet indicateur est lui aussi en hausse de 50%.

L’augmentation se manifeste sur l’ensemble de l’Hexagone, l’Île-de-France connaissant actuellement les niveaux les plus élevés :

Voici l’évolution par département, la hausse est générale :

Petite reprise des hospitalisations

L’arrivée d’Omicron a modifié notre rapport à l’épidémie et aux mesures de santé publique. Plus contagieux mais moins virulent que les coronavirus précédents, il n’appelle pas la même réponse de Santé publique qu’Alpha, Bêta, Delta… C’est bien pour cette raison qu’aucune restriction n’a été no prise alors que 50 000 cas par jour. Les précédents confinements, rappelons-le, avaient été déclenchés une fois franchi le seuil de 5 000 cas par jour. C’était 10 fois moins !

Avec Omicron et ses variants, la boussole n’est plus directement le nombre de cas mais le niveau des hospitalisations. Dans l’immédiat, en France, il n’y a pas de remontée nette des hospitalisations pour ou avec le Covid-19 et des placements en réanimation:

Cependant, d’après les données de Santé publique France, le nombre de patients hospitalisés ne baisse plus. Depuis trois semaines, le nombre de nouvelles admissions à l’hôpital avec un diagnostic de Covid-19 augmente de nouveau, passant de 2 441 en semaine 21 à 2 794 en semaine 23.

Au Royaume-Uni, la montée en puissance du sous-variant BA.5 s’est accompagnée d’une hausse de 33% des hospitalisations. Au Portugal, premier pays européen touché par BA.5, le nombre d’hospitalisations est monté quasiment au niveau de la précédente vague.

Les comparaisons avec d’autres pays sont toutefois à établir avec des précautions. Mircea T. Sofonea, épidémiologiste et maître de conférences à l’Université de Montpellier, rappelle que ces comparaisons sont délicates, car la circulation courante dépend, outre des mesures sanitaires en place, de l’historique épidémiologique et immunologique, de plus en plus différencié selon les pays​.

Et la vaccination ?

La reprise épidémique est pour l’instant qualifiée de modérée ​par le ministère de la Santé, mais les autorités sanitaires s’inquiètent du peu de seconds rappels vaccinaux injectés. Sur plus de 8,8 millions de personnes éligibles à une quatrième dose (les plus de 60 ans et les immuno-déprimés), moins de 2.2 millions ont effectué ce second rappel.

Le professeur Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, a relevé lui aussi mardi 21 juin 2022 une petite reprise des hospitalisations​. Il a souligné lors d’un point presse que la diminution significative ​de la protection générée par le premier rappel justifie plement ​une nouvelle dose chez les plus âgés pour les protéger des forms graves jusqu’à l’automne​.

Covid-19. Les nouveaux cas augmentent de 49 % en une semaine : allons-nous vers une nouvelle vague ?

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