330 cas confirmés en France, l’OMS appelle l’ensemble des pays à la transparence

La France comptait jeudi 330 cas confirmés d’infection par le virus de la variole du singe, an annoncé jeudi 23 juin Santé publique France. Le précédent bilan, mardi, faisait etat de 277 cas, dont pour la première fois, une femme. Dans le cas de cette « jeune femme »a précisé jeudi l’agence sanitaire, « le partenaire (non testé) a rapporté qu’il avait eu une éruption cutanée trois semaines auparavant ».

Connue chez l’être humain depuis 1970, la variole du singe ou « orthopoxvirose simienne » est bien moins dangereuse et contagieuse que sa cousine, la variole, éradiquée en 1980. Elle se traduit d’abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes. Le plus souvent bénigne, elle guérit spontanément après deux à trois semaines, en général. S’il ne s’agit pas d’une infection sexuellement transmissible, la transmission peut se produire par contact rapproché comme une relation sexuelle.

L’Europe au center de la propagation du virus

Sur l’ensemble des cas observés en France, il y en a « 227 en Ile-de-France, 22 en Occitanie, 21 en Auvergne-Rhône-Alpes, 19 en Nouvelle-Aquitaine, 14 dans les Hauts-de-France, 14 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 6 en Normandie , 3 en Bretagne, 1 en Centre-val de Loire, 1 en Bourgogne-Franche-Comté, 1 en Pays de la Loire et 1 en Grand-Est », détaillent les autorités sanitaires. Parmi les cas objets de recherches, 77% ont présenté une éruption génito-anale, 73% une éruption sur une autre partie du corps et 71% une fièvre. Par ailleurs, 13 d’entre eux sont immunodéprimés. Aucun malade n’est mort.

Jusqu’à maintenant, la flambée actuelle de variole du singe, qui frappe une quarantaine de pays, concerne majoritairement des hommes ayant eu des relations homosexuelles, sans lien direct avec des personnes de retour des pays d’Afrique centrale Afrique et de l ‘Ouest, où le virus circule d’ordinaire. La région européenne est désormais au center de la propagation du virus.

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Mardi, la Commission européenne an annoncé la conclusion d’un contrat portant sur l’achat de plus de 100 000 doses de vaccins. Il s’inspire des achats groupés de vaccins contre le Covid-19 mais porte sur des quantités bien moindres. Commercialisé sous le nom d’Imvanex en Europe, de Jynneos aux Etats-Unis et d’Imvamune au Canada, il s’agit d’un vaccin de troisième génération (vaccin vivant non réplicatif, c’est-à-direliqune se ne pas dans l’organisme humain) autorisé en Europe depuis 2013 et indiqué contre la variole chez les adultes. Le régulateur européen du médicament an annoncé au début de juin avoir entamé des discussions avec Bavarian Nordic, le laboratoire qui fabrique le vaccin, pour éventuellement étendre son utilisation contre la variole du singe.

Appel à la transparence

Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) an appelé les pays à la vigilance et à la transparence face à une rare flambée de plus des cas de variole du singe dans le monde – 3 200 cas. Ce même jour, elle a réuni des experts internationaux pour déterminer si la situation constitue une « urgence de santé publique de portée internationale », comme c’est le cas pour la pandémie de Covid-19. La décision ne devrait pas être connue avant la fin de la semaine.

« L’OMS demande à tous les Etats membres de partager des informations avec nous »a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, pendant la réunion. « Dans d’autres épidémies, nous avons parfois vu les conséquences du manque de transparence des pays, du manque de partage des informations », at-il ajouté. La Chine, où les premiers cas de Covid-19 ont été signalsés à la fin de 2019, a par exemple été accusée d’avoir manqué de transparence.

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Le Monde avec AFP

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